Science fiction

Le Nexus du Docteur Erdmann, de Nancy Kress


Le Nexus du Docteur Erdmann, de Nancy KressHenry Erdmann est un physicien de haut vol, l’un des pères de l’Opération Ivy et de la puissance nucléaire américaine. Était, plutôt, car aujourd’hui, vieux et perclus, Henry Erdmann n’est que le triste reflet de celui qu’il fut, quand bien même il continue de donner quelques cours à l’université pour des étudiants qu’il ne comprend plus depuis bien longtemps… Aussi, lorsque cette douleur impensable lui vrille le cerveau, c’est presque avec soulagement qu’il accueille ce qu’il croit être une attaque cérébrale. Sauf qu’il ne s’agit pas de cela… De nombreux pensionnaires de la maison de retraite dans laquelle il réside semblent avoir subi le même sort. Et tous, bientôt, commencent à voir des choses… Des choses impossibles…

Le Bélial – 147 pages – 9,90 euros.

Une envolée vers un univers de théories et d’étrangetés

C’est reparti pour une lecture signée le Bélial, avec sa collection Une heure lumière ! Aujourd’hui, c’est le Nexus du Docteur Erdmann qui a attiré ma curiosité avec sa quatrième de couverture alléchante alliant science-fiction, mystères et phénomènes inexpliqués. Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de le lire ! 😛

Dès la première page, totalement rédigée en italique, apparaît comme une sorte d’histoire parallèle à l’intrigue que l’on va découvrir. Que dire à part que ça m’a mis l’eau à la bouche : de la science-fiction au vocabulaire ni trop complexe ni trop abordable, avec une sacrée dose de suspense pour avoir envie de découvrir ce qui se cache derrière ce fameux vaisseau lointain dont personne ne soupçonne ni l’existence ni les effets.

Tout débute avec le docteur Henry Erdmann, enfin, plutôt ce qu’il en reste. Désormais très âgé et vivant dans une résidence médicalisée, il se contente de contempler ses diplômes en songeant à ses créations passées lorsqu’il exerçait encore sa profession. Celle dont il est le plus fier semble être la bombe H à étages, rien que ça ! C’est au cours d’une journée des plus classiques qu’il ressent quelque chose au fin fond de son cerveau. Il s’interroge alors : peut-être est-il face à une attaque cérébrale ? Heureusement pour lui, une aide médicale nommée Carrie, a pris Henry sous son aile et sait s’occuper de lui comme personne.

Puis l’intrigue enchaîne les personnages et les parcelles de vie de chacun, afin de se rendre compte de leurs tracas et de leurs pensées respectives. Le tout en lien avec des phénomènes étranges qui commencent peu à peu à faire leurs apparitions, au sein de la résidence médicalisée de Henry, mais également aux quatre coins du monde.

Même s’il faut s’accrocher pour retenir tous les protagonistes qui apparaissent en peu de temps, on les retrouve assez souvent pour qu’ils restent dans notre mémoire le temps de la lecture de cette novella. Le style d’écriture est fluide et aide à nous transporter dans cet univers où le mystère plane partout. Les descriptions sont claires, et la retranscription de la vie quotidienne de cette résidence médicale où évoluent les personnages principaux est formidable.

La seule ombre au tableau dans cette lecture survient vers le dernier quart de cette novella. J’ai ressenti une précipitation brutale de l’intrigue, comme s’il fallait l’achever en prenant le moins de temps possible. Non seulement on nous sort des théories hasardeuses sur les phénomènes étranges qui touchent nos pensionnaires, mais le plus surprenant arrive lorsque l’un d’entre-eux trouve miraculeusement la vraie raison du trouble qui les atteint. Surtout que pour ne pas nous faciliter la tâche, les dernières pages sont imbibées de hard science-fiction au vocabulaire pointu. Le changement de rythme et de style d’écriture en cours de lecture m’a paru trop abrupt.

Dommage, parce que cette novella ne manque clairement pas de qualités : un aspect humain très bien développé, des personnages hyper attachants, une intrigue intéressante et un suspense qui a su me ravir jusqu’à ce final qui me laisse encore perplexe. 😕

Ma note : 3/5

Fantasy
La Part des Ombres – Tome 1, de Gabriel Katz
Steampunk
Le Liberator, de Richard Harland
Science fiction
Tempête Solaire, de Stephen Baxter et Arthur C. Clarke
  • Morgana (Deedr)

    Alors ça y est, c’est ton grand retour après l’épreuve du déménagement ? :p
    Concernant la novella, j’avoue que le côté hard science-fiction que tu évoques représente un peu ce que je crains en SF. Mon côté très peu scientifique décroche quand le vocabulaire très pointu fait son apparition (oui, je suis ce gros cliché de la littéraire… Pourtant ça m’aurait arrangée pendant une grande partie de ma scolarité que ce ne soit pas le cas :D). Mais j’apprécie tout de même de découvrir cette collection au travers de tes chroniques, car je ne m’y serais sans doute jamais intéressée sans ça !
    Bonne soirée 🙂


    • Quentin

      Ça faisait longtemps ! Oui c’est en partie le retour, le temps que je retrouve une connexion internet stable et tout sera parfait. 😛
      C’est dommage parce que les trois premiers quarts de la novella sont très accessibles, mais le dernier regroupe de la hard assez complexe par moments, c’est moins fluide à lire et ça perd le lecteur…
      Après cette novella peut être une entrée en matière dans la science fiction, vu que le vocabulaire vraiment pointu apparaît tard et peu longtemps. 😛
      Je suis ravi d’avoir pu te faire découvrir cette collection alors. Il y en aura sûrement d’autres à venir. 😉
      À bientôt !


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