L'histoire d'une sorcière des mers : Pauvre âme en perdition, de Serena ValentinoNous connaissons tous l’histoire de la petite sirène, ce conte ancestral qui nous rappelle qu’il faut parfois perdre sa voix pour mieux la retrouver. Ariel désire explorer le monde et s’aventurer au-delà des frontières du royaume de son père, le roi des océans. Par amour, elle renonce à sa voix et manque d’y laisser la vie. Mais le bien l’emporte, et elle sort de ces épreuves métamorphosée et heureuse.

Pourtant, ce n’est que la moitié de l’histoire. Qu’en est-il de son ennemie Ursula, la terrible sorcière des mers? Pourquoi et comment est-elle devenue si retorse et pleine de haine, dédaignée par la cour de Triton?

Voici l’histoire d’une pauvre âme en perdition…

Hachette – 204 pages – 13,90 euros.

L’histoire effroyable de la Petite Sirène et de la combativité de sa famille !

Ce roman fait partie de la nouvelle collection Disney récemment publiée aux éditions Hachette. On connaît tous les récits aventureux des héros bienveillants. Mais qu’en est-il de l’histoire des méchants ? Ici, Ursula a la part belle et l’on pourrait bien comprendre pourquoi elle est devenue ce qu’elle est.

Ipswitch apparaissait comme une ville abandonnée. Ursula s’en approchait, ses tentacules de brouillard la suivant à la trace. Son rire cruel parvenait jusqu’aux oreilles des habitants, qui s’étaient enfermés dans leurs maisons. Volets clos, ils patientaient et espéraient que la sorcière passerait sur leur chemin sans faire le moindre dégât. Son désir de vengeance refluait de tout son être, faisant naître la peur chez tous ceux dont elle s’approchait. Cette fois, Ursula avait adopté sa forme humaine et maintenait le brouillard en son pouvoir. Formant des tentacules, le brouillard fletrissait tout ce qu’il touchait. La mort naissait un peu partout autour d’elle. La putréfaction se faisait déjà ressentir.

Ursula se dirigea vers la grande place, et s’arrêta devant la tout de l’Horloge. Ses tentacules encerclèrent l’édifice pour le transformer en une masse noirâtre qui ressemblait à un obélisque. Plus rien ne laissait transparaître l’objectif original de ce bâtiment, qui était de marquer le passage du temps. Toute sa magie était haineuse. Elle allait faire payer aux humains leur affront. Celui de lui avoir retiré un être cher, la seule personne qui l’avait aimée. Elle décida de plonger ses appendices brumeux vers la mer pour invoquer ses serviteurs. Des sirènes. Leur chant, mortel pour les humains, évoquait un délice pour Ursula. Les habitants de la ville se faisaient avoir et sortaient de chez eux, attirés irrémédiablement par un chant qui allait tous les anéantir…

Un récit court et intense qui ne laisse pas sa place à l’ennui !

Il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour pouvoir me fondre dans ce récit. Ce n’est pas ce que j’ai l’habitude de lire à vrai dire. Pour ma première au cœur d’un roman estampillé Disney, je reste assez mitigé. Le style d’écriture clair m’a permis de comprendre l’ensemble des personnages et des enjeux qui se dessinent en chacun d’eux. C’est une histoire familiale bouleversante, où Ursula use de malice et de manipulation pour parvenir à ses fins. J’apprécie ce texte pour la robustesse de son anti-héros. Ursula n’est pas une coquille creuse dénuée de bon sens. Il est aisé de comprendre pourquoi elle agit de la sorte, et quelles sont ses revendications. Son douloureux passé lui est resté en travers de la gorge, et la vengeance sera la seule consolation contre tout ce qu’on a pu lui faire subir. Il y a quelques émotions qui ressortent de chez Ursula. Sa colère est puissante, et sa douleur bien ancrée en elle agit comme un moteur dans l’ensemble de ses actes. Elle veut faire payer les coupables, quitte à s’attaquer à des innocents. C’est à ce moment qu’elle devient une méchante, capable de ne plus rien ressentir d’autre que ses démons intérieurs.

Moi qui ne connaît pas tellement les histoires de chez Disney, ma première rencontre avec Ariel m’a paru étrange. Forcément, ce n’est pas l’héroïne mise en avant dans cette intrigue. Elle m’apparaît comme un pantin qu’on utilise pour faire avancer l’histoire d’Ursula. Même si quelques scènes permettent de voir à quel point Ariel est amoureuse et désire plus que tout séduire son futur prince, elles sont beaucoup trop rares. L’histoire de Tulipe, de Nounou et de Pflanze est, quant à elle, bien développée et beaucoup plus intéressante. J’ai bien aimé découvrir ce dernier personnage félin, de son passé en rapport avec la Bête, ainsi que toutes ses capacités presque magiques. Même Nounou est un protagoniste plein de surprises qui se révèle à mesure que l’histoire progresse, sans parler de Tulipe, une princesse qui fédère tous les personnages ! Non, vraiment, cela manquait peut-etre d’une touche supplémentaire d’émotions. Je n’ai pas été si touché que cela par ce roman, et par le passé de Ursula. Même si elle m’apparaît désormais moins floue, je ne comprends pas ses réactions. Il manquait à ce personnage un point de vue interne plus présent, qui aurait permis de suivre davantage le cours de ses pensées.

Ce roman est une belle introduction au monde de la Petite Sirène et de sa méchante Ursula, qui laisse un goût d’inachevé autant dans le choix de ses personnages principaux que dans la retranscription des émotions et des pensées. J’espère qu’une suite permettra d’entrer plus en profondeur dans les méandres d’Ursula et des autres méchants Disney !

Ma note : 3/5

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Quentin

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