Là-bas tout ira bien, de Sylvie Baussier et Pascale Perrier2030.
En France, une terrible crise économique ravage le pays. Il n’y a plus de travail, à peine de quoi manger. Comme la plupart des habitants, Iza, Erwan et leurs parents empilent quelques affaires dans leur voiture et partent. Léon, lui, quitte seul la ferme où il a grandi. Dès qu’il sera arrivé, il enverra de l’argent à sa famille. Il a promis.
Les voilà sur la route, loin de la vie qu’ils ont toujours connue. On dit que là-bas, 4 000 kilomètres plus au nord, un avenir meilleur les attend. Dans un monde où avancer devient un combat de chaque instant, une question les taraude :  est-ce que là-bas, tout ira bien ?
Un récit d’anticipation à deux voix qui pousse à la prise de conscience de la crise actuelle que traverse l’Europe.

Scrineo – 288 pages – 14,90 euros.

Une épopée éprouvante et profondément humaine, qui nous met face aux dures réalités et à une vérité trop souvent dissimulée…

Je remercie de nouveau les éditions Scrineo pour l’envoi de ce roman. Il est vrai que ce quatrième de couverture est déroutant et ne figure pas parmi mes lectures habituelles. Ici, on entre dans la réalité, la vraie, la dure, celle que l’on veut parfois se cacher à soi-même pour ne pas ébranler son existence et sa routine…

Erwan et Iza adoraient par dessus tout monter en haut de la colline. Ils pouvaient tout apercevoir, leur ancienne usine, qui tournait auparavant à plein régime, avant d’avoir été fermée, comme les autres. Plus aucune personne ne venait y travailler, la vie qui grouillait autour de cet endroit avait disparu pour de bon. Du haut de leur point de vue, Iza et Erwan pensaient à cet ailleurs, ce là-bas qui recelait tant de promesses. Leur vie ici était finie, plus rien de bon ne pouvait leur arriver. En témoignait un coup de feu qui retentit, et qui venait d’on ne sait où. Mais ce n’était plus choquant, des coups de feu, il y en avait bien d’autres, c’était devenu la routine. Avec leurs parents, ils allaient entamer le plus long voyage de leur vie, un voyage vers une vie nouvelle. Non, ce n’était pas vraiment un voyage, mais une obligation, un espoir.

Léon s’était brusquement réveillé de son lit. Il se demandait ce qui avait pu causer cet éveil si soudain. Il n’apercevait que la lumière de la lune et regardait le vide. Il se décida de descendre de sa chambre lorsqu’il entendit un bruit dans la cour de la ferme. C’était peut-être ça qui l’avait tiré hors de ses songes. Arrivé dans la cour, il vit son père se battre avec un homme, tandis qu’un autre attirait Guerite, la dernière vache qu’il leur restait pour la faire entrer dans un véhicule. Léon était là, impuissant devant cette scène atroce. Son père se battait pour ne pas perdre un bien aussi précieux en ces temps de misère. Un cri. Son père venait de se replier sur lui-même, tenant sa jambe. Il n’en fallut pas plus pour que son adversaire finisse le travail. Guerite fut poussée dans le véhicule et il démarra en trombe…

Une intrigue forte et intense, poussée par de jeunes personnages tellement attachants !

Comment ne pas apprécier ce roman ? Cette histoire est d’une force incroyable, surtout lorsqu’elle prend place dans une actualité qui nous est proche. On ne peut nier ce qui se passe autour de nous dans le monde, et ce livre est là pour nous le rappeler, tout en prenant le problème d’une autre facette. Ainsi, on ne se sent pas mis en défaut de ne pas comprendre, on ne peut que faire le lien avec d’autres situations. La problématique migratoire est un sujet brûlant, mais qui va s’accentuer au fil des années, aussi bien avec les affrontements qu’avec le changement climatique. Ce roman met en avant l’aventure inhumaine qu’est la route pour parvenir à ses fins, à l’utopie que l’on a vendu sans vraiment n’avoir aucune preuve de son existence, ni même de ce qu’elle pourrait apporter. Juste demeure l’espoir.

Un jour, peut-être, ce sera notre tour de devoir quitter notre pays pour un autre, avec tout ce que cela implique en difficultés. Ce roman est criant de vérité, et ne lésine pas sur les mots et les événements, telle est la dure loi de la vie. Je me suis pris des claques lors de cette lecture. Elle ouvre les yeux tout en prenant des chemins détournés pour faire prendre conscience des atrocités qui se déroulent par delà le monde. Les mots de cette intrigue ont une force sans égale, et il est difficile de quitter les pages de ce roman pour passer à autre chose. Il m’a brûlé de connaître la fin, de savoir s’ils allaient réussir ou non leur quête qui semble infinie et tellement impossible.

Le suspense est fou. Mais c’est bien à cause des jeunes personnages, qui sont attachants au possible. Ils prennent part à une aventure qui n’est pas faite pour leur âge, ils subissent sans ne pouvoir rien y faire mais ils ont une énergie folle pour parvenir à leur but ultime. Léon, Iza et Erwan, trois jeunes gens incroyables qui pourraient bien représenter des milliers d’autres enfants dans la même situation. Dès le début, on entre dans les problématiques, d’une France à bout de souffle et aux familles qui survivent comme elles le peuvent. Les enjeux sont clairs et les décisions de chaque personnage n’ont pas besoin d’être argumentées pour qu’on les comprenne. J’ai seulement trouvé la fin un peu trop abrupte, l’épilogue arrive d’un coup. Heureusement, tout revient ensuite à l’équilibre et j’ai trouvé ce qu’il me manquait dans cette histoire !

Ma note : 5/5

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