Helstrid, de Christian LéourierCertains mondes ne sont pas faits pour l’humanité : Helstrid est de ceux-là. Des températures de -150 °C ; des vents de 200 km/h ; une atmosphère toxique. Pourtant, la Compagnie tient à exploiter ses énormes ressources en minerai, appâtant les volontaires à l’exil à grand renfort de gains conséquents. Des hommes et des femmes à l’image de Vic, qui supervise le travail de prospection et d’exploitation des machines. Un job comme un autre, finalement, et qui vaut toujours mieux que d’affronter son passé laissé sur Terre… Jusqu’à ce que le porion soit contraint d’accompagner un convoi chargé de ravitailler un avant-poste à plusieurs centaines de kilomètres de la base principale. Un trajet dangereux, mais les IA sont là pour veiller à la bonne marche des véhicules suréquipés et à la protection du seul humain embarqué. Dans pareilles conditions, tout ne peut que se passer au mieux…

Le Bélial – 130 pages – 8,90 euros.

Une épopée de science-fiction entre suspense et angoisse, alors que les températures de Helstrid s’avèrent dangereusement mortelles…

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu ni chroniqué un livre de la collection Une Heure Lumière signée du Bélial. Vous le savez sans doute, c’est un format que j’apprécie tout particulièrement pour découvrir de nouveaux auteurs et de nouveaux univers en très peu de temps. Ça doit être aussi pour ça que j’aime les recueils de nouvelles d’ailleurs, de quoi nourrir l’imaginaire de décors divers et variés !

Vic se demandait souvent pourquoi il avait choisi de venir ici, sur Helstrid, là où les éléments climatiques n’étaient pas aussi cléments que sur Terre, sa planète natale. Il avait été volontaire pour cette mission, et c’est sûrement grâce aux salaires annoncés qu’il avait décidé de changer d’existence du tout au tout. On lui demandait simplement cinq années de sa vie, durée terrestre, pour toucher autant d’argent que s’il avait travaillé toute sa carrière sur la planète bleue ! Mais il y avait autre chose sous la carapace de pensées de Vic. Il cherchait également à fuir une situation qui lui déplaisait. Maï l’avait laissé, alors qu’elle avait disparu, le laissant vide de sens et d’envie. Il n’en pouvait plus d’être quelqu’un comme cela, avec si peu d’ambition, ce n’était pas lui, lui qui était dynamique et dont l’avenir lui promettait tant de bonnes surprises

Depuis son arrivée sur Helstrid, Vic se posait bien des questions. À savoir pourquoi la Compagnie avait envoyée des êtres humains sur cette planète inhospitalière, avec un coût financier non négligeable, autant pour l’entreprise que pour les actionnaires. Sur place, tout était automatisé et ce sont des robots qui géraient toutes les tâches de routine d’extraction et de purification du précieux minerai. Cela faisait plusieurs mois qu’il vivait à Nàma, une base composée de modules très étroits. Et alors que les conditions climatiques venaient à être plus douces, l’accalmie semblait être de courte durée. Il ne fallait donc plus attendre pour lancer un approvisionnement vers l’avant-poste N/2, qui serait bientôt capable de produire son propre oxygène et de devenir autonome en production de denrées alimentaires

Une aventure sur une planète inconnue, où la robotique et l’automatisme se suffisent à eux-mêmes, et pourtant…

Je ne sais jamais vraiment à quoi m’attendre en ouvrant un ouvrage de cette collection. Le format ne permet pas de développer une intrigue aussi développée qu’une saga de plusieurs tomes, mais je fais généralement de très belles découvertes et je ressors souvent ravi de ces lectures. C’est également le cas avec Helstrid. Je ne m’attendais pas à ce que le trajet entre les deux bases, décrit en toute fin de la quatrième de couverture, soit aussi prépondérant dans ce roman. Le choix est toutefois judicieux, puisqu’il permet d’alterner des phases de discussions, de réminiscences de souvenirs, de descriptions de la planète dans laquelle Vic évolue et d’intégrer toutes sortes d’éléments perturbateurs pour venir mettre une note d’angoisse, pile là où il faut.

Les personnages présents dans cette histoire sont réduits à un petit nombre, ce qui n’est pas plus mal, je préfère en avoir peu et prendre le temps de bien les connaître. C’est ici légèrement manqué puisque les événements vont venir perturber un peu les liens qui unissent les protagonistes entre-eux. J’ai en tout cas été surpris de voir à quel point la robotique et l’intelligence artificielle ont été développées dans cette histoire. L’évolution technologique est telle que les dialogues avec une IA s’avèrent tout aussi intéressants qu’avec un être humain, même si cela peut manquer de charme, c’est évident ! Il y a beaucoup de bonnes idées, et Vic, notre personnage principal, ne manque pas de vivacité, tout en cherchant à parvenir à ses fins par ses propres moyens, en laissant la raison et l’analyse de la situation de côté. Ce petit aspect donne du retord à l’intrigue, qui serait sinon bien trop terne et plate, surtout à cause des principes de base ennuyeux des IA !

Helstrid a été pour moi une belle découverte, même si j’aurai préféré que le côté extraction des minerais soit davantage porté sur le devant de la scène. Une simple hypothèse sur son utilité est explicitée, sans plus, laissant à notre imaginaire le choix de l’action de ce matériau très recherché et vendu à prix d’or ! J’ai été de suite précipité dans l’histoire, tout en ressentent beaucoup d’empathie pour Vic, au cours de ses aventures auréolées ou non de succès. L’ambiance qui règne dans ce livre est un point fort non négligeable, oscillant entre l’angoisse, le sentiment d’enfermement et la nostalgie d’une histoire d’amour complexe et éperdue

Ma note : 4/5

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