Une histoire à la frontière des genres, entre possession, steampunk, magie et fantasy médiévale.

Un royaume d’un autre monde, ressemblant fort à notre Norvège, est en proie à la guerre. Il invoque un démon pour l’aider à gagner, qui choisit alors un hôte humain inconnu. Cet hôte oublie son identité humaine à chaque fois que le démon se réveille et le possède, et n’a plus conscience de ses actes.

Qui est l’hôte ? Dans quel camp est-il ? Va-t-il réussir à prendre le dessus sur le démon pour le maîtriser ?

Scrineo – 352 pages – 16,90 euros.

Un roman à l’ambiance sombre, angoissante, où la guerre laisse ses traces indélébiles sur les terres et dans les cœurs…

Il m’arrive encore de faire des découvertes dans le catalogue des publications des éditions Scrineo. Ce roman n’y déroge pas, puisque je ne connaissais pas encore son existence. Il y a quelque temps, je me suis mis à la lecture de mon tout premier Carina Rozenfeld, Le Démêleur de Rêves, d’un genre bien différent. J’ai beaucoup aimé le style de cette auteure, alors quand j’ai vu qu’il existait d’autres romans, j’ai décidé de franchir le pas avec le diptyque de Zalim. Une envolée vers un monde sombre…

Un château bâti sur des hauteurs escarpées, une jeune femme qui prend la route, loin de ce paysage presque idyllique. Et, au dessus d’elle, un monstre, immense, implacable, s’étend de toute sa hauteur. Clairement, ce roman ne fait pas dans l’humour, et cela se ressent d’entrée de jeu. Ce monstre s’appelle Zalim. Il est doté d’une puissance incomparable, d’autant plus qu’il semble indomptable. Il vient d’un autre monde. Et si il se trouve dans notre monde, dans la réalité, c’est uniquement parce que quelqu’un l’a appelé. Il va alors trouver un hôte, pour survivre dans cette dimension différente de la sienne. Cet hôte pourrait vivre toute sa vie sans même se rendre compte de la présence du monstre en lui…

Au centre de toute cette haine entre deux peuples rivaux, des esquilles d’espoir tentent de percer…

Dès les premières pages de ce roman, j’ai été enchanté. Des robots envahissent les champs de bataille, des automates meurtriers qui se battent sans se rendre compte de l’origine de leurs victimes. Une clef dans le dos, les soldats les remontent pour qu’ils aillent commettre leurs massacres dans le camp ennemi. Le royaume d’Arensdaal possédait ces créatures de métal depuis bien longtemps, dominant les batailles et les remportant toutes depuis des siècles, mais quand Rakeshin s’offre la possibilité de combattre avec les mêmes armes, la donne change. Arensdaal doit se défendre sur la terre, alors que leurs soldats sont entraînés pour voguer sur les mers et les océans, où ils agissent en maîtres implacables. Pour la première fois de son histoire, le royaume de Rakeshin avance, prend des terres à son rival de toujours, qui lui se sent perdu, décontenancé par ce bouleversement. Mais Arensdaal possède une arme, sordide mais puissante, capable d’anéantir ses ennemis en un rien de temps. Un monstre. Même s’il incarne leur dernier espoir de victoire, il pourrait très bien se retourner contre eux. Alors il faudra veiller.

Dans l’ombre, le premier ministre d’Arensdaal va réveiller le monstre. Pour survivre, il va devoir choisir un hôte dans leur monde. En sachant qui est son hôte, le monstre pourra être contrôlé, et ainsi réduire la menace qu’il représente. Déjà, des complots se dessinent, sans même mettre le roi dans la confidence. Des décision doivent être prises pour protéger le château, protéger le royaume. La situation est complexe. Le roi est un bon à rien, incapable de diriger, lui-même le sait. Pourtant, il désire rester à son poste, et montrer qu’il sait gouverner. Mais ses sujets proches, sa famille et son premier ministre, ne sont pas dupes. La noirceur de cet univers ne fait que se révéler, page après page. Même si des évidences apparaissent, d’autres révélations viennent en renfort. Cette intrigue est plutôt simple dans son déroulement, et il peut devenir facile de deviner la suite des événements. Les personnages figurent parmi le grand point fort de l’histoire. Ils apportent tant d’espoir et de clarté dans la nuit noire qui scelle leurs destins.

Les liens entre les protagonistes créent un suspense intense. Certains sont dans les confidences, alors que d’autres doivent deviner ce qu’il se passe. La famille royale se veut être un modèle, et pourtant, tant de secrets les animent. Les décors de ce monde sont époustouflants. Les champs de bataille laissent apparaître des éléments tirées de l’univers steampunk – les automates, ainsi que des abris volants pour protéger les soldats d’Arensdaal. Si je devais faire un reproche à ce roman, ce serait celui-ci. J’aurais aimé que l’aspect steampunk prenne davantage de place. Il n’est représenté qu’en de rares touches, très éparses. Toutefois, la beauté des personnages me laisse d’excellents souvenirs. Les liens entre les sœurs de la famille royale, la future femme du roi qui leur vient en aide dès que possible et le premier ministre, dont la charge de travail immense fait de lui l’homme le plus important du royaume.

J’aime ce genre de roman, où les anti-héros, qui agissent à contre-courant des personnages principaux, pensent et réfléchissent à leurs actes. Ils savent pourquoi ils veulent agir ainsi, et cela renforce la profondeur de l’intrigue. Tout ce que je désire, désormais, c’est de découvrir la suite de cette histoire. Son final laisse présager des moments difficiles. Les trahisons sont monnaie courante en ce monde.

Ma note : 4,5/5

Quentin Turquet

Blogueur littéraire

A propos de l'Auteur

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