Dans un futur lointain, les émotions ont été éradiquées en supprimant toute trace d’histoire. Seul « The Giver » a la lourde tâche de se souvenir du passé, en cas de nécessité. On demande alors au jeune Jonas de devenir le prochain « Giver ».

Réalisateur : Phillip Noyce

Acteurs : Meryl Streep, Katie Holmes, Jeff Bridges, Taylor Swift, Brenton Thwaites

Sortie au cinéma : 2014

Durée : 1 heure 37 minutes

Je n’y crois pas moi-même, et pourtant ! Ce que je m’apprête à vous présenter aujourd’hui, c’est bien une chronique cinématographique. Je sais, ça fait bien longtemps, et je ne suis clairement pas doué dans ce domaine, alors je compte sur votre indulgence. Et même si ma chronique est nulle, essayez quand même de dire qu’elle était super géniale, c’est bon pour le moral… 😀

Je vais vous parler du film The Giver, sorti en 2014, qui oscille entre science-fiction et fantastique. Mais, c’est avant tout une dystopie, un univers supposé utopique qui limite les agissements des citoyens par des frontières physiques, morales et corporelles.

Le corps humain tel qu’on le connaît de nos jours n’est plus tout à fait le même. Les gens ne ressentent plus aucune émotion, ou du moins, aucune émotion puissante capable de leur transmettre du bonheur ou de la tristesse, les sentiments restent sensiblement les mêmes et la vie doit se vivre sans vague. J’ai tout de suite pensé à la série littéraire Delirium, où l’amour est prohibé. Ici, c’est aussi le cas, mais l’amour n’étant toutefois pas la seule chose interdite…

La faute à un traitement, que tout le monde doit s’appliquer chaque jour, pour éviter de tomber malade et de voir sa santé menacée. Un véritable contrôle des mentalités opère alors. La population obéit, tout le monde vit dans un monde sans violence, sans haine, mais aussi sans rêve et sans ambition.

Un monde fade, sans couleur.

Voilà ce qui m’a surpris en regardant ce film. L’absence de couleur, comme un traitement sépia. Au début, je n’ai pas trop compris pourquoi ce choix artistique avait été fait. Mais il s’avère efficace dès lors que le scénario progresse et que la question de la couleur entre en jeu. J’adore ce genre d’univers dystopique où tout semble interdit, où les secrets sont partout sans pour autant être aperçus par la population, tant qu’elle reste cloîtrée dans son quotidien formaté.

C’est triste de voir à quel point ce monde est dramatique. La mort ne touche personne, même ce mot « mort » n’existe pas dans le langage, ni même le mot « amour ». Les personnages de ce film me sont apparus comme des robots, dénués d’émotions et de toute envie. Ils font les choses qu’on leur demande de faire. Point. Alors c’est compliqué de ressentir d’empathie pour eux, heureusement que notre jeune héros, Jonas, va prendre les reines de sa vie. Lui dont les parents agissent comme le peuple, dans le respect total des règles. Il va devoir affronter ce monde ultra-surveillé où aucun geste n’échappe à la surveillance de la Doyenne.

La cérémonie du choix.

Dans ce film, ils ont adoré mettre des cérémonies partout. Et il en faut, puisqu’à l’orée de la vie d’adulte, la cérémonie du choix est organisée pour que chacun puisse connaître le métier qu’il exercera jusqu’à la fin de sa vie. C’est le personnage de la Doyenne qui donne les affectations, tout en oubliant volontairement un jeune homme, qui va rester seul sur scène, devant un public dont les bancs sont plein à craquer. Forcément, je vous le donne en mille, c’est Jonas ! Personnellement, j’ai songé à la série Divergente, et je me suis dit : « ça y est, lui, il est pas comme les autres, il va mourir ! » Bon, heureusement pour lui, un autre destin l’attend. Et puis, sans lui, ce film aurait été éternel à en mourir. Je parle beaucoup de ça, je sais, en plus c’est interdit d’en parler, et tout le monde s’en fiche, puisque personne ne ressent rien…

Je pourrais en parler pas mal de ce film, surtout de toutes ces scènes qui présentent un vieil homme vivant dans une bibliothèque des plus majestueuses ! Sans émotion, toute forme d’art étant bannie, cet homme agit comme le gardien de la connaissance, il garde en lui tous les souvenirs des mondes anciens, des temps où les gens étaient libres de leurs émotions.

The Giver permet de prendre de plein fouet toute une myriade d’émotions, alors que le monde s’ouvre peu à peu à la couleur et à la vérité. J’ai passé un bon moment, et même si ce film n’est pas aussi intense que d’autres sagas dystopiques connues, il est rudement efficace en son genre. Ses personnages principaux sont adorables et donnent envie de faire tomber la Doyenne, pour que la lumière soit enfin rallumée pour éclairer cette vie terne et maussade, dénuée de toute humanité.

Ma note : 4/5

Quentin

Blogueur littéraire

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Chroniques audiovisuelles, escapades culturelles et chroniques littéraires des littératures de l'imaginaire : Science-fiction, Fantasy et Fantastique - SFFF.

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