Terrienne, de Jean-Claude MourlevatTout commence sur une route de campagne…

Après avoir reçu un message de sa sœur, disparue depuis un an, Anne se lance à sa recherche et… passe de « l’autre côté ». Elle se retrouve dans un monde parallèle, un ailleurs dépourvu d’humanité, mais où elle rencontrera cependant des alliés inoubliables. Pour arracher sa sœur à ce monde terrifiant, Anne ira jusqu’au bout, au péril de sa vie.
Et se découvrira elle-même : Terrienne.
Vous ne respirerez plus jamais de la même manière…

Gallimard Jeunesse – 407 pages – 6,70 euros en poche.

Un voyage immersif de l’autre côté de l’humanité.

Ce roman m’avait intrigué avant même que je l’achète. J’avais mes espérances et finalement, tout n’a pas été comblé comme je le pensais. L’intrigue était nettement différente de l’idée que je m’en faisais. J’ai sûrement abordé la dernière phrase du quatrième de couverture de la mauvaise façon, le fameux : « Vous ne respirerez plus jamais de la même manière… » avait titillé ma curiosité ! Je m’attendais à une différence plus brutale entre les deux mondes évoqués dans Terrienne. Je suis un poil déçu, mais j’ai quand même bien apprécié le voyage proposé par Jean-Claude Mourlevat.

Anne Collodi est une jeune femme comme les autres, en apparence. Non seulement elle arpente les routes de campagne seule, et en plus, avec un scarabée aux couleurs fantaisistes. Non mécontente de trouver un automobiliste capable de l’emmener où elle désire se rendre, Anne – à l’occasion devenue auto-stoppeuse – entreprend de faire la conversation à ce vieil homme nommé Étienne Virgil. Ce dernier est un auteur qui exclut encore de prendre sa retraite, au risque de produire de mauvais romans. Anne va aller jusqu’à se confier à lui, pour lui demander son aide au besoin. Car sa tâche est compliquée, il lui faut retrouver sa sœur disparue peu après son mariage. Et Anne est certaine d’une chose : sa sœur Gabrielle se trouve de l’autre côté, au bout de cette route qui mène à Campagne, une ville où la vie est radicalement différente de la nôtre.

Arrivée à Campagne, un panneau indique la direction de l’hôtel Légende. Là-bas, elle va demander une chambre pour la nuit à une réceptionniste – Mme Stormiwell – un peu particulière. Elle sait reconnaître les terriens et les hybrides – ces êtres humains issus d’une mère terrienne et d’un père non terrien. Anne Collodi va la mettre en émoi, elle qui n’hésiterait pas à un instant à venir en aide aux terriens en détresse. D’habitude, ceux qu’elle aperçoit sont emmenés ici de force, alors qu’Anne semble être venue de son plein gré… Et surtout, elle a des choses à apprendre d’urgence à cette nouvelle venue, sans quoi elle court un grave danger !

Non, Anne ne connaît pas grand chose de ce monde dans lequel elle vient de mettre les pieds. On ignore même comment elle a su qu’il existait, et surtout l’existence d’un passage pour s’y rendre ! Quelle étrangeté tout de même. 😕 Ces petits détails passés, l’intrigue prend vite son sens et on comprend ainsi tous les enjeux et les difficultés qu’Anne va rencontrer pour ramener Gabrielle chez elle.

Les personnages principaux rencontrés m’ont tous intéressés, par leurs histoires personnelles et leurs volontés respectives d’arriver à leurs fins. Je me suis vite senti mis à rude épreuve à cause de la perception différente de l’autre côté par rapport au nôtre. Des choses paraissent banales chez eux, alors qu’elles peuvent être mortelles chez nous. Forcément, ça peut surprendre ! 😛

La plume de l’auteur est impactante, facile à saisir. Les émotions véhiculées le sont avec finesse et les descriptions font facilement naître les images dans notre imaginaire. Jean-Claude Mourlevat sait jouer avec la joie, la détresse, la peur et l’effroi. Il met en scène les personnages dans des lieux parfois rassurants, et d’autres totalement effrayants. C’est ce qui fait la force de son récit alors que les pages s’enchaînent sans difficulté. C’est une bonne découverte, légèrement en deçà de ce que j’attendais, mais dont les qualités sont indéniables. Ce genre de roman est, je trouve, assez inhabituel. Et surtout, il est d’une efficacité redoutable ! 😀

Ma note : 4/5

2 commentaires

  1. De cet auteur, j’avais lu « Le combat d’hiver » et j’en étais ressortie avec un avis qui me rappelle assez ce que tu exprimes pour « Terrienne ». J’avais aimé, mais moins que ce à quoi je m’attendais ! Cela dit, j’avais quand même super envie de découvrir « Terrienne » (en plus, la couverture blanche avait quelque chose d’hypnotique, je trouvais :D), mais je n’en ai jamais eu l’occasion au final. Tu me redonnes envie d’essayer de me le procurer !

    • Quentin Répondre

      J’étais parti sur une critique plutôt acerbe de la société moderne dans « Terrienne », mais ce n’était rien de tout ça. N’empêche que ce roman mérite le coup d’oeil. Je pense que tu aimeras, surtout si tu connais déjà l’auteur.

      À voir le résumé du Combat d’hiver, il règne un peu la même ambiance lourde et les combats personnels des personnages. Je pense qu’il pourrait sûrement me plaire par ailleurs ! 🙂

Commentaires

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