Sim Survivor, de Loïc le BorgneSandro, 18 ans, est un fils de bonne famille, qui s’ennuie dans son monde luxueux et douillet au point de rechercher par tous les moyens à « planer ». Il est contacté par Ambra, une adolescente de 17 ans au caractère bien trempé, qui lui propose de vivre une expérience inédite et puissante.  A ses côtés, Sandro se retrouve embarqué dans un stupéfiant jeu en théorie virtuel, Sim Survivor, dont chaque saison est suivie par des millions de fidèles connectés.

Sandro comprend vite que ce monde, violent et cruel, n’est peut-être pas une simple simulation. Et si, comme le pense Ambra, tout était réel ? S’il ne s’agissait pas d’un jeu mais d’une véritable et impitoyable épreuve de survie ?

Tout en jouant sa peau, Sandro doit percer bien des mystères, jusqu’à réaliser que l’avenir du jeu mais aussi de son pays est entre ses mains.

Scrineo – 352 pages – 16,90 euros.

Une dystopie haletante et immersive

On connaît tous les dystopies, comme la célèbre série des Hunger Games, qui représente bien le genre. Sim Survivor ne déroge pas aux pratiques habituelles : une société divisée en cercles, faisant ainsi émerger des inégalités entre les classes sociales ; un héros désireux de mener une rébellion contre le pouvoir en place afin de mettre l’ensemble du peuple sur un pied d’égalité et un jeu télévisé dirigé par Dante Corporation où la mort n’est pas une illusion.

Dès les premières lignes, nous voici en compagnie de Sandro, un jeune homme issu du deuxième cercle, plutôt aisé. Ce qu’il cherche par dessus tout, c’est de planer à l’aide des drogues les plus inhabituelles. Fréquentant le bar du Diamant Vert, il est habitué à enchaîner les histoires d’un soir sans se faire prier. Rien ne se refuse jamais à lui. Une jeune femme, Ambra, va aller à sa rencontre pour lui apporter ce qu’il recherche : une expérience où il n’a pas idée des sensations qui l’attendent.

C’est avec un style d’écriture limpide que Loïc le Borgne nous invite à suivre l’histoire de Sandro et d’Ambra au cours de laquelle des vérités inavouées éclatent au grand jour. Sandro va vite comprendre que sa présence dans le jeu Sim Survivor n’est pas un hasard. Quelqu’un, quelque part, avait tout prémédité pour que la rébellion puisse vivre et mener à bien sa mission : en finir avec ce jeu où tout n’est qu’illusoire. Il faut montrer au monde que les meneurs de ce mensonge appartiennent au cercle premier, afin que les cercles se disloquent sous les révoltes.

Les chapitres s’enchaînent sans mal. Les décors sont très variés, le contexte de Sim Survivor y étant pour beaucoup. On passe des vampires aux morts-vivants en peu de temps, on y fréquente des créatures chimériques dans des environnements peu enviables pour nos protagonistes. Les personnages peuplant cette histoire sont nombreux. Et vu ce qu’ils doivent supporter, on a tendance à très vite s’attacher à eux. Rien n’est linéaire dans ce roman et les rebondissements sont maîtres. J’ai été surpris de ne pas réussir à lâcher Sim Survivor des mains aussi facilement. Tout nous incite à poursuivre : entre les déboires des personnages, l’envie de découvrir les autres épreuves, l’éclatement imminent de nombreuses vérités, les trahisons et les dialogues vivants, préparez-vous au suspense.

J’ai beaucoup apprécié le mélange des genres dans ce roman. On côtoie aussi bien la fantasy que la science-fiction, entre créatures fantastiques en tous genres et des machines – ainsi que des intelligences artificielles – aux possibilités incroyables… Vraiment, je tire mon chapeau sur la diversité et la profondeur de l’aspect technologique.

Seule ombre au tableau : la fin. Pourquoi s’arrêter si tôt ? On nous avait promis de bousculer la société ! Surtout que tout demeure assez prévisible, dès lors qu’on approche des derniers chapitres. Si c’est un choix délibéré, je trouve qu’il est mauvais. Un épilogue aurait pu sauver les apparences et nous en apprendre davantage sur l’après-intrigue, mais il n’existe malheureusement pas. Dommage pour un one-shot !

Pas si vite ! D’autres avis sur ce roman par là-bas : Takalirsa, eTemporel et Hélène Ptitelfe.

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