Personne ne sait exactement comment ça a commencé. Ni où ni quand d’ailleurs. Louise pas plus que les autres. Ce qui est sûr, c’est quand les premiers cas sont apparus, personne n’était prêt et ça a été la panique. Des adolescentes qui changeaient d’un coup. Des filles dont la peau se recouvrait de… dont les sens étaient plus… et les capacités… Inimaginable… Cela n’a pas plu à tout le monde. Oh non ! C’est alors qu’elles ont dû se révolter, être des Félines fières et ne rien lâcher !

Rouergue – 374 pages – 15,80 euros. #ISBN9782812618291

Un roman très félin à l’ambiance digne d’un univers dystopique !

Je ne dois remercier personne à l’occasion de cet article, et pourtant, je compte tout de même remercier le PLIB et sa sélection. Grâce à ça, j’ai pu découvrir la plume de Stéphane Servant et tomber des nues devant cet univers incroyable. Ça aurait été vraiment dommage de passer à côté de cette lecture ! 😛

Tout a commencé au salon du livre de Montreuil, c’est d’ailleurs le premier auteur que je suis passé voir. Il y avait Félines. Je savais qu’il allait entrer dans ma PAL, mais d’autres romans de cet auteur m’ont tenté, alors peut-être que d’autres chroniques émergeront ! La couverture de ce roman est sobre, efficace, elle donne envie grâce à son côté sombre et vif à la fois. Et puis, le titre interpelle. Mais le pire, c’est la quatrième de couverture qui se joue de nous, qui veut faire croire que cette histoire est véridique, alors forcément ça titille la curiosité. Et, surtout, dernier point important, je trouve que le prix de ce livre, par rapport au format broché et à son épaisseur, est plutôt accessible. Ce n’est pas le cas de tous les éditeurs.

Félines, c’est une intrigue percutante et des personnages perdus dans les rouages d’un pouvoir mené par la peur…

J’ignore ce qu’il s’est passé, mais j’ai adoré cette histoire plus que de raison. Les mots de l’auteur sont choisis avec soin, et sont d’une simplicité apparente qui forcent le respect. Ça, plus toutes les thématiques abordées dans ce roman, voilà qui ne pouvait que finir par me plaire. J’ai vu cette intrigue comme une métaphore, d’autant plus que j’ai lu il y a peu un roman qui traite de la seconde guerre mondiale et de la traque des juifs, bon, on est plus ou moins sur la même lignée, sauf que là, la traque se joue contres les bêtes poilues qui ont envahi le monde. Non, ce ne sont pas des extraterrestres, mais des jeunes filles qui se trouvent changées en félins, sans qu’il n’y ait d’explication rationnelle et scientifique pour permette de mieux comprendre ce phénomène. D’autre part, la violence est aussi décrite dans ce roman avec force. Le viol, l’intimidation, le harcèlement au moyen des technologies modernes, la haine, la prise de pouvoir basée sur la peur, les relations homosexuelles, l’importance de la femme dans la société, ce sont tout autant de sujets qui viennent balayer ce monde en pleine transformation.

Au début, un quotidien normal pour Louise, sa famille et ses amis. Enfin, presque normal, puisque dans la cour de son école, les choses ne sont pas toujours simples. Une élève doit subir toute la colère des autres, un souffre-douleur qui n’a rien demandé à part être différente des autres. Cette différence va prendre en importance, et des poils vont venir pousser là où jamais il ne devait en avoir. Un corps change, évolue, brutalement. Les moqueries vont se transformer, la peur va naître, l’incompréhension, et l’envie sourde de rejeter tout ce qui n’est pas normal, ce qui n’est pas dans les habitudes. C’est une histoire qui prend aux tripes, avec des personnages authentiques que l’on a envie de comprendre, d’aider et de soutenir dans toutes les épreuves qu’ils traversent. J’ai trouvé ce récit poignant, avec des scènes qui prennent le temps de s’installer et de tout détailler. Il y a une forte notion psychologique à tout cela, ce qui fait que, parfois, il peut se passer un certain temps entre deux actions. Mais, alors là, ce n’est clairement pas un problème !

Ce roman est une bascule émotive, qui passe de la joie à la tristesse en quelques paragraphes. C’est un déferlement de sentiments, de scènes dystopiques intenses et d’un suspense étonnant où les personnes prennent la part belle. Que dire de la relation entre Louise et Tom ? De leur amour inconditionnel, de leur amour pour l’art, de leurs élans poétiques lorsqu’ils sont ensemble. Félines, ce sont deux mondes en un. Deux mondes que tout oppose, avec des personnes qui décident d’appartenir à un clan, pour contrer l’autre. Sans parler des trahisons, de ceux qui viennent aider dans l’ombre, pour ne pas éveiller les soupçons, comme un temps de guerre, comme un temps où la rébellion doit être réprimée. Pourtant, un nouveau monde s’élève…

Ma note : 5/5 

Quentin

Blogueur littéraire

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Chroniques audiovisuelles, escapades culturelles et chroniques littéraires des littératures de l'imaginaire : Science-fiction, Fantasy et Fantastique - SFFF.

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