L'Homme qui avait Peur de Rêver, de Stéphanie Zeitoun À tous ceux qui ont peur de croire en leurs rêves, doutent de leur capacité à les réaliser, ou peinent à se souvenir de ceux qu’ils ont enfouis…

À la veille d’une compétition de golf prestigieuse, Mathieu, fils de paysan de 45 ans, y voit la possibilité de changer de vie. Alors qu’il s’endort aux côtés de la fille du président de la Fédération française de golf, il rêve de sa victoire face aux plus grands joueurs de la planète… Dans ce rêve étrange, une femme sublime se dirige vers lui, mais au moment de la saluer, il s’effondre, aveuglé tant par les flashs des photographes que par l’aura de cette mystérieuse créature onirique. Totalement inconscient, il ne perçoit que la voix sensuelle et péremptoire de celle dont la beauté l’a foudroyé : « L’amour rend aveugle ceux qui ne voient pas avec leur coeur… »

Au réveil, atteint d’une cécité inexplicable, Mathieu est à l’aube d’une transformation de vie radicale. Au fil des jours, contraint de regarder le monde autrement, il va, pas à pas, redonner du sens à son existence.

« Lorsque la vie se déconstruit et qu’elle est à refaire », disait René Char, « il n’y a que deux conduites à tenir : ou on la rêve ou on l’accomplit. »

Le Courrier du Livre – 256 pages – 17 euros.

Un roman profondément humain qui émeut tout en donnant la motivation nécessaire pour progresser dans ses rêves !

Je tiens à remercier les éditions Le Courrier du Livre pour l’envoi de ce roman. Il est de ces lectures où je ne sais pas dans quoi je m’embarque. J’ai été happé par le côté philosophique de cette histoire, un peu comme les romans de Laurent Gounelle, qui présentent des personnages désireux de changer de vie. Sauf que là, pour Mathieu, son changement de vie va être quelque peu brutal !

Mathieu était sur le point de réaliser son plus grand rêve : celui de battre le champion du monde de golf. Tiger Woods le regarda avec appréhension, comme s’il savait que son adversaire était redoutable. C’était certain, Mathieu ne se laisserait pas abattre aussi facilement. Lui qui avait vécu dans une ferme, fils de paysan. Comment pouvait-il décrocher la victoire au Mauritius Golf Masters ? Il ne lui manquait plus que ce trophée pour compléter sa collection. Mathieu admirait les paysages aux alentours, ce terrain de golf emblématique figurait parmi les plus beaux de la planète. L’île Maurice recelait de magnifiques décors. Quelque part autour de lui, une femme à l’élégance naturelle l’observait. Il ressentait son regard persistant. Il devait se concentrer sur son objectif et ne pas se laisser distraire. Il jouait sa carrière en cet instant précis.

Mathieu inspira et frappa la balle avec une précision et une puissance sans pareil. Le commentateur sportif qui couvrait l’événement laissa planer un long silence avant de pousser un cri. Mathieu Troispierres remporta le trophée contre le numéro un mondial. Tout de suite, il fut assaili par son équipe. À part le golf, il était aussi directeur marketing d’une entreprise familiale de désherbant écologique. EcoHerbe. En à peine trois ans de pratique en amateur passionné, le golf était devenu une de ses meilleures disciplines. Tiger Woods s’avança vers lui pour lui serrer la main, avec une puissance aussi forte que la rancœur de sa défaite. En retirant ses lunettes, Mathieu tenta un regard vers la femme dont il avait senti le regard. Une lumière folle se dégageait de cette femme. Il en était certain, elle incarnait son idéal féminin. Puis, d’un coup, aveuglé par les flashs des photographes ou bien de cet être solaire, il chuta, inconscient.

Au cœur de certaines scènes, des personnages attachants apparaissent comme des anges gardiens…

J’avais un peu peur que l’histoire de Mathieu, presque futur champion de golf, soit surfaite et très axée sur le sport. Mais ce n’était pas du tout le cas, puisque cette activité va accompagner son changement de vie et servir de prétexte pour progresser encore et toujours vers un objectif de vie nouveau qui de dessine devant lui. Chaque partie de cette intrigue présente une phase du deuil. De ce deuil de la vie, de ces rêves inachevés ou perdus de vue qui n’ont jamais débuté. C’est au travers de personnages magnifiques sur le plan humain que je me suis mis à apprécier ce roman. Il y a Mathieu, qui voit son existence basculer du tout au tout suite à l’apparition de sa cécité. Sa compagne, Laureen, avec laquelle il entretient une relation non pas basée sur l’amour mais sur des intérêts qui les arrangent bien ! À mesure que l’histoire progresse, d’autres personnes vont venir s’insérer dans la vie de Mathieu. De splendides rencontres sont à prévoir lorsqu’on se place sur le chemin de ses rêves, notamment pour aider les autres.

Les interactions entre les différents protagonistes rend cette histoire fort intéressante. La relation entre Mathieu et Laureen bat de l’aile aussi fort que l’envie de Mathieu de tout abandonner. Sa vie, ses projets, plus rien ne compte pour lui depuis que sa vue a décidé de cesser de fonctionner, du jour au lendemain, sans prévenir. Ses craintes sont immenses, lui qui voulait devenir un grand champion de golf, le voilà réduit à ne plus pouvoir faire grand chose sans l’aide d’autrui. Sa convalescence va être difficile, jusqu’au moment où il va s’entourer des bonnes personnes, qui apparaissent dans sa vie comme par magie. Malgré ses réticences, il va finir par reprendre sa vie en main et finir par comprendre que guérir de sa cécité n’est pas une finalité. D’autres choses deviennent plus importantes encore.

Il y a aussi tout cet univers onirique qui m’a profondément touché. Mathieu est devenu aveugle suite à un rêve. Un rêve où il a aperçu une femme magnifique, qu’il imagine être belle puisqu’il ne percevait que sa présence sans l’apercevoir réellement. Le lendemain matin, le voilà plongé dans le noir le plus total. Ses rêves vont devenir des cauchemars. De peur de se laisser aller à ses songes, il va prendre un médicament pour plonger dans un sommeil tellement lourd que ses rêves ne parviendront plus à se faufiler jusqu’à sa conscience. D’où le titre, la peur de rêver est double. Autant la nuit que le jour. J’ai trouvé cette histoire riche en enseignements, d’autant plus qu’elle m’a touché grâce aux émotions qui en ressortent. En une demi-journée, je suis venu à bout de cette lecture pour connaître le fin mot de l’histoire, qui s’annonce prévisible. Mais là, surprise, puisque ce n’est pas une fin qui se trame, mais bien deux fins. J’avais deviné la seconde, qui paraissait évidente. La première m’a laissé sur les fesses, et c’est le cas de le dire ! 😛

Ma note : 4,5/5

Quentin

Blogueur littéraire

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Chroniques audiovisuelles, escapades culturelles et chroniques littéraires des littératures de l'imaginaire : Science-fiction, Fantasy et Fantastique - SFFF.

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