Un second tome à l’acclimatation difficile, qui reprend en intensité dès le dernier tiers entamé. Des combats justes, pour la liberté, vont se produire. Et que dire de cette ambiance fantastique fabuleuse qui tisse ses liens avec des faits historiques bien réels. La frontière entre fantastique et réalité pose alors question…

Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu’ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en moins de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire…

Gulf Stream Editeur – 368 pages – 18 euros.

Une suite aux premiers abords décevants !

C’est avec l’envie de connaître la suite que je me suis lancé dans ce second tome. Je réservais un avis mitigé au premier opus, qui m’avait laissé perplexe. Mais, étant donné que j’avais déjà craqué pour La Reine des Neiges – en même temps que le premier – je ne pouvais pas me défiler. Au moins, je vais enfin pouvoir savoir si cette saga me tente, et mérite une éventuelle poursuite de ce voyage entre passé et temps moderne…

En découvrant ce second tome, j’ai été quelque peu déçu par la temporalité. Mes craintes viennent de s’ancrer dans la réalité. Je ne voulais pas quitter les personnages du passé qui m’avaient accompagné lors de ma précédente lecture. Les voilà mis de côté pour basculer sur le présent. Les noms des personnages se retrouvent par-delà les siècles, se nommant de la même manière. Si bien qu’on aurait fini par s’y perdre si les deux périodes cohabitaient dans le texte. J’aurais préféré des noms différents, et un maintien de mes personnages favoris du passé.

Malgré ce passage obligé vers de nouveaux protagonistes, je me suis fixé pour objectif de terminer ce roman, malgré ma rancœur. J’ai été surpris par de bonnes idées, par des déroulements intéressants, et par l’intérêt que j’ai porté à l’histoire. Il y a des éléments qui m’ont poussé à voir le bon côté. À entrevoir ce background fourni, qui me plait et qui donne une ambiance particulière à l’intrigue.

Un background intéressant, porté par un final qui laisse présager le pire…

J’aime l’univers de ce second tome. Cette ambiance qui se dégage, ces personnages qui se démarquent plus que d’autres. Il faut dire que j’ai été épris des gentils, qui ne sont pas forcément ceux auxquels on penserait en premier lieu. J’ai réussi à retrouver une parcelle du premier tome, avec un attachement à certains des personnages. Ici, c’est Peter qui remporte le trophée. Il a cette façon de prendre les choses en main et de partir en guerre pour protéger ses convictions. Il n’a pas eu peur de perdre ses proches, et réalise ce qui lui semble juste. Un véritable héros comme il en faut pour faire bouger les choses. Il incarne le noyau central de l’intrigue, tout comme Snezhkaïa, une fée emprisonnée qui désire obtenir sa liberté et faire venir l’Hiver…

J’avais eu peur de ne pas m’accrocher à un protagoniste en particulier, en vue de leur nombre. Grâce à Peter et aux agissements des Outrepasseurs, j’en ai appris davantage sur les créatures assouvies par ces derniers, dont les Ferreux. Ils me plaisent. Ils représentent des fés, distincts des autres. Apparus au cours de la révolution industrielle, et aimant s’accorder aux tons grisâtres des smogs, ils me font penser quelque peu au genre du steampunk. Tout ce qui gravite autour de ces étranges créatures me plait, jusqu’à leur façon de travailler, d’aimer travailler le métal, de produire des œuvres d’art. En réalité, ils me font penser au peuple des Nains, en fantasy, passionnés par le travail de la forge et par le minage.

Ce récit comporte de très nombreuses interactions entre les différents personnages. Des liens complexes les unissent, si bien que je n’ai pas toujours tout suivi. Des complots naissent, des vérités demeurent dissimulées autant que possible, même si leurs conséquences s’avéreront désastreuses. Cette histoire présente un combat entre l’institution des Outrepasseurs et des personnes bienveillants ; entre des préceptes, fondés depuis des siècles, pour emporter des richesses à foison et la liberté de créatures fantastiques, qui ne méritent pas de vivre comme des animaux en cage. J’ai trouvé des idées intéressantes, comme celle d’employer certaines créatures pour en extraire un ichor, chose que j’avais lue auparavant dans la saga Autre-Monde de Maxime Chattam.

L’auteure a su créer des parallèles entre son histoire et la réalité, en exploitant des faits historiques. J’aime quand une histoire tente d’expliquer des situations incongrues qui n’ont que peu de fondements. Comment expliquer que des animaux aient massacré des dizaines d’êtres humains, sans aucune raison connue ? Les animaux sont omniprésents dans ce récit. Ils sont même intégrés à des personnages, qui peuvent changer de forme selon leurs souhaits, comme s’ils possédaient une personnalité humaine et une autre animale. Cette symbiose fonctionne et offre des pensées plus bestiales au-dessus des réflexions humaines ! Cette histoire, teintée de mysticisme, de liens mystérieux entre les individus, et de malédictions, laisse entrevoir un avenir incertain.

J’ai eu du mal à supporter le changement de ton et d’époque entre le premier et le second tome. Ce dernier fut fastidieux à lire, avant de parvenir au dernier tiers, qui m’a paru limpide et foisonnant de passages attractifs. Alors, peut-être vais-je pouvoir mettre les pieds dans la suite de cette histoire ? Cette fois-ci, l’époque ne devrait plus évoluer, je l’espère, ce serait une mauvaise blague dans le cas contraire ! 😛

Ma note : 3/5

Quentin Turquet

Blogueur littéraire

A propos de l'Auteur

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