Le Choix, de Paul J. McAuleyIls sont amis depuis toujours, ils ont seize ans ou presque. Damian vit et travaille avec son père, éleveur de crevettes et cogneur d’enfants. Lucas s’occupe de sa mère, ancienne passionaria d’un mouvement écologiste radical clouée au lit par la maladie dans la caravane familiale. Le monde est en proie à un bouleversement écologique majeur — une montée des eaux dramatique et une élévation de la température moyenne considérable. Au cœur du Norfolk noyé sous les flots et écrasé de chaleur, la rumeur se répand : un Dragon est tombé du ciel non loin des côtes. Damian et Lucas, sur leur petit voilier, entreprennent le périlleux voyage en quête du mystérieux artefact extraterrestre, avec en tête un espoir secret : décrocher la clé des étoiles…

Le Bélial – 96 pages – 7,90 euros.

Une amitié de longue date et des vies de famille difficiles, plongés dans un contexte climatique alarmant…

Encore une novella de la collection Une Heure Lumière ? Oui tout à fait, quelle perspicacité ! Aujourd’hui, nouvel univers et nouvel auteur pour ma part. Paul J. McAuley figure parmi les millions d’auteurs dont je ne connais encore… rien du tout ! La quatrième de couverture offre un beau panorama : une forte amitié, un dragon éperdu, l’environnement planétaire qui se détraque et une mission qui va devenir un objectif de vie.

De l’herbe-bulle venait de franchir le Flot, portée par le vent puissant et la marée. Le nord de l’île accueillit cet amas de plante, que Lucas allait se charger de ratisser pour le déposer dans des fosses à compost. Il récupérerait ensuite un engrais liquide très nutritif. Cela faisait bien trente ou quarante fois que Lucas arpentait le même passage jusqu’à la rive. Il aperçut quelqu’un traverser le bras de mer qui séparait l’île des citernes flottantes et les cabanes en pilotis. Le plus étonnant, c’était que ce quelqu’un semblait marcher sur l’eau, tout en réalisant des gestes de skieur de fond. Cette journée allait être superbe, pas un nuage à l’horizon, il n’y avait que le bleu immaculé du ciel. Les rayons du soleil se reflétaient dans l’eau. Lucas salua son ami, Damian, qui faillit perdre l’équilibre en voulant le saluer à son tour. Il se rapprocha de Lucas pour lui demander s’il avait entendu les dernières nouvelles. Un dragon s’était échoué près de Martham.

Un véritable dragon marin, voilà l’information que Damian avait obtenu de Ritchy, le contremaître de l’élevage de crevettes de son père. Le dragon s’était échoué il y a une demi-heure, peut-être moins, il aurait été emprisonné après avoir franchi une brèche. Damian espérait pouvoir aller sur place, malgré le fait que Martham ne se situait pas juste à côté. Il fallait construire un bateau capable de les amener jusque là. Un fait divers devenu une mission pour eux. Quelque chose qu’ils ne pourraient sûrement voir qu’une seule fois dans leur existence. Les mythiques dragons marins ne s’échouaient pour ainsi dire jamais et allaient attirer beaucoup de badauds. Mais il faudrait, avant tout, convaincre leurs parents pour pouvoir mener à bien cette expédition.

Une vie ordinaire qui se transforme dès lors qu’un dragon marin, d’origine extraterrestre, s’échoue !

J’adore les récits qui parlent d’écologie, de nature, d’environnement, de toutes ces choses qui me passionnent, même si là, le contexte alarmiste met en avant les erreurs du passé. Tous les objectifs anti-pollution ont été pulvérisés, puisque rien n’a été respecté à la lettre. L’humanité vit donc dans un monde où la plupart des espèces vivantes ont disparues. Le niveau des océans ne cesse de croître, alors qu’une rencontre avec des extraterrestres a laissé ses marques sur le monde. Des marchés ont été prononcés, et certaines machines impressionnantes peuplent désormais notre chère planète bleue. Des dragons marins capables de recycler les matières plastiques déversées dans les océans, des plantes fournissant une lutte possible contre certains composés nocifs, voilà une Terre en proie à une amélioration. Enfin, si toutefois il ne s’avère pas trop tard pour enrayer tous les problèmes ! Damian et Lucas sont deux amis d’enfance. Damian travaille avec son père, qui gère une activité de production de crevettes, alors que Lucas vit avec sa mère, une femme célèbre pour ses actions radicales en faveur de l’écologie.

Dans le fond de ce récit, les extraterrestres se présentent via leur technologie. Jamais ils ne se montrent directement, ce qui peut laisser un léger goût d’inachevé, j’aurais souhaité en savoir plus sur ces êtres venus d’ailleurs qui ont ouvert la Terre au voyage interplanétaire, tout en gagnant l’autorisation d’exploiter certains planètes du système solaire. Cette novella s’intéresse aux comportements des deux protagonistes majeurs, que l’on va suivre tout du long, avec certains passages où leur famille va venir s’immiscer. C’est un texte qui se vit, qui se ressent. Il faut imaginer le contexte et l’ambiance de ce monde mourrant, de cette situation d’échec qui ne laisse entrevoir qu’un avenir incertain. Il y a aussi tout cet aspect mystérieux autour des technologies mises à disposition par les extraterrestres. Ce fameux dragon matin attire les convoitises, et va bouleverser la vie de tous ceux qui s’y sont approchés. Cette novella offre un beau moment de lecture, avec un final troublant, sur cette planète qui pourrait bien devenir la nôtre si rien ne change…

Ma note : 4/5

D’autres chroniques par ici : Blog-o-Livre, Les Lectures du Maki, Un Bouquin Sinon Rien, Les Lectures de Sophie.

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Quentin

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