L'assassin du marais, de Catherine Cuenca Avril 1849. Alors que les élections législatives de la toute jeune IIe République se préparent, des femmes courageuses et indépendantes sont retrouvées mortes, assassinées dans différents lieux de Paris. Tout indique qu’elles ont été victimes d’un seul et même tueur.

L’inspecteur Alexandre Delage est chargé de l’enquête. Aidé par Léa, une spirite à la sensibilité hors du commun, et par Julie, farouche employée d’un grand magasin dont la meilleure amie fait partie des victimes, le jeune policier met tout en œuvre pour démasquer l’assassin.

Mais les crimes se multiplient et celui-ci semble insaisissable…

Scrineo – 384 pages – 16,90 euros.

Un roman policier féministe qui dépeint avec brio une époque et ses difficiles enjeux pour l’égalité des genres !

Je remercie les éditions Scrineo pour cette lecture très intéressante. Une fois n’est pas coutume, je me lance de nouveau dans un roman inhabituel pour moi. Une enquête policière avec une intrigue portée sur le féminisme, c’est une première pour moi. Je n’ai jamais lu d’histoire policière auparavant, ou c’était il y a bien longtemps

Alexandre était à bord d’un fiacre, alors qu’il se rendait rue du Faubourg-saint-Antoine, comme on le lui avait indiqué. La route était chaotique à cause des pavés trempés par la pluie. L’inspecteur principal, Horace Dubon, lui avait transmis un message de la plus haute importance. Alexandre devait se rendre à cette adresse. Il comprit qu’il était arrivé lorsque son fiacre se stoppa, et que le cocher vint taper à la porte. Alexandre ne reconnut pas l’endroit, et cet immeuble à la façade sombre, entièrement à l’abandon. Mais en regardant plus attentivement, il remarqua une silhouette sous un passage qu’il entreprit de rejoindre. C’était bien Horace, vêtu de façon élégante. Ce dernier lui apprit qu’une couturière avait été retrouvée morte à son domicile. C’est une de ses clientes qui a donné l’alerte en trouvant porte close. Mais ce n’était pas la première fois, cela faisait bien trois jours qu’elle n’avait plus donné aucun signe de vie.

En évoquant ce sujet, le concierge se rendit compte qu’il ne l’avait plus aperçue depuis la semaine précédente. Le double des clés en main, il put ouvrir et découvrir ce spectacle macabre. La couturière était morte dans sa chambre. Et ce n’était pas le choléra, qui faisait rage en ce moment, qui était venu à bout de cette femme. Selon les premières constatations, elle avait plutôt été étranglée. Le plus étrange, c’était que toutes les portes et fenêtres étaient fermées depuis l’intérieur. Comment un assassin aurait-il pu commettre son méfait et fuir sans ne laisser aucune trace ? Le premier suspect fut évidemment le concierge, le seul à détenir les clés, mais cet homme brave et âgé n’apparaissait pas comme suspect. Et derrière les fenêtres qui donnent sur la cour, une personne se distingue de la foule, dont un journaliste qui travaille pour le Charivari

Une intrigue impressionnante par sa capacité à faire entrer le lecteur dans son univers, avec un suspense qui ne retombe jamais !

Pour un roman policier, avec un sujet dont je méconnaissais tout, j’ai été très agréablement surpris par la nature de cette intrigue. J’ai tout de suite été emballé et pris dans l’histoire, alors que je pensais ne pas être happé par cette enquête policière de grande envergure. Il y a nombre de meurtres de jeunes femmes qui s’enchaînent, avec beaucoup de questions qui se posent. Et ce ne sont pas tous les personnages masculins comme féminins qui s’ajoutent à l’histoire qui vont en aller en la faveur des inspecteurs. Les suspects sont nombreux et j’ai adoré pouvoir suivre les différentes pistes évoquées par Alexandre Delage et son collègue. Les retournements de situation sont maître, et sont justement dosés pour parfaire le suspense et de cette sensation d’impuissance mêlée à l’urgence. Il faut faire vite, car le meurtrier ne va pas s’arrêter en si bon chemin…

L’aspect féministe de ce roman est un gros avantage à l’histoire. Non seulement cela change clairement des policiers habituels, mais certains noms employés évoquent des personnages qui ont réellement existé. De grandes femmes qui se sont battues pour l’égalité des genres et la remise en considération de la condition de la femme dans la société. Et ce ne sont pas les exemples qui manquent au cours de cette lecture, avec des enquêtes qui patinent et une différence nette et précise entre les hommes et les femmes dans le dénouement des affaires et la priorité qu’on leur accorde. J’ai apprécié les débats qui prennent place dans ce roman, avec les idées avancées par les hommes et la défense bien difficile des femmes…

J’aime ce mélange entre enquête policière et des propos véridiques. J’ai appris beaucoup de choses au cours de cette lecture, des personnes importantes à leur époque jusqu’au nom des groupes de femmes qui se réunissaient pour défendre leurs intérêts. Ce sont toutes des figures intéressantes et charismatiques, mises en scène dans un roman où l’on ne peut que prendre parti pour l’un ou l’autre des camps qui s’affrontent. Il y a des injustices, et des incompréhensions alors que l’on se trouve dans un temps avec des moeurs bien différents des nôtres. J’ai dévoré ce livre, tellement il m’a paru criant de vérité. Et les personnages qui y ont un rôle sont tous aussi authentiques les uns que les autres. C’est une excellente découverte ! 😀

Ma note : 4,5/5

3 Commentaires

  1. Initialement la couverture, un peu trop « manga » ne m’aurait pas franchement orientée vers sa lecture. Désormais, je me le note car, ta critique est particulièrement alléchante à mes yeux.

    Merci de cette découverte. 🙂

    • Quentin Répondre

      Il ne faut pas se fier à la couverture en effet. Elle est très colorée pour un univers plutôt sombre ! Si tu as envie de te lancer dans un policier, c’est une excellente initiation ! 😁

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