La planète des 7 dormants, de Gaël AymonPour réparer leur vaisseau endommagé, des explorateurs spatiaux atterrissent en catastrophe sur une planète inconnue. La découverte de ruines d’une civilisation disparue ravive l’espoir de la capitaine : cette nouvelle planète pourrait-elle être habitable ? Mais une partie de l’équipage est prête à tout pour repartir au plus vite, malgré l’état du vaisseau…

La rencontre soudaine avec un peuple primitif qui les prend pour des dieux, les Sept Dormants, les place devant un choix crucial : jouer les usurpateurs ou détromper ceux qui les accueillent ?

Nathan – 270 pages – 16,95 euros.

Une aventure post space-opera splendide et poétique !

Je remercie une nouvelle fois les éditions Nathan pour me permettre de lire un nouvel ouvrage de leur collection. La Planète des 7 Dormants, de Gaël Aymon figurait parmi les lectures les plus en vogue au moment de sa sortie il y a quelques mois. Je l’ai beaucoup vu passer sur les réseaux sociaux et j’avoue que ses illustrations, tout comme son quatrième de couverture m’avaient interpelé. C’est donc avec un plaisir non contenu que j’ai pu me lancer dans cette aventure qui était bien au-delà de mes attentes !

Danco s’était enfermé dans un cocon aux parois étranges, comme un tissu presque translucide qui le recouvrait lors de son long périple dans l’espace, à bord d’un vaisseau à l’équipage inquiet. C’était ce que ressentait Danco de ses coéquipiers alors que la surface extérieure de leur navire spatial était touchée de myriades d’impacts. Il était prêt à mourir, à se laisser porter dans l’abîme de l’oubli. Mais d’un coup, tout s’arrêta et devint calme. Le vaisseau avait réussi à se poser, quelque part, dont il ignorait tout. Au fond de lui, il sentait que sa présence dans l’équipage allait peut-être être bénéfique et qu’on aurait besoin de ses services…

Le vaisseau qui venait de se poser en catastrophe dans un cratère avait des allures d’insecte. Ses six pattes ancraient un corps à l’exosquelette impressionnant, muni d’un thorax et d’un abdomen. Derrière les parois transparentes de la rétine du vaisseau, les deux lieutenants en place, Melae – capitaine et chef de l’expédition – était au côté de Amund – lieutenant mais aussi médecin -, regardaient avec inquiétude la surface de la planète sur laquelle ils venaient d’atterrir. La première chose à faire était de trouver des réserves d’eau, alors que l’atmosphère s’annonçait suffisamment riche en oxygène pour leur permettre de sortir en toute quiétude.

Sur ce nouveau monde, la vie s’organisait pour tenter de réparer les dégâts subis par le vaisseau et ses organes – car oui, il s’agit d’une sorte de navire spatial biomécanique – et de lancer une expédition pour rejoindre le pôle nord, là où ils avaient tenté de se poser avant de s’échouer loin de là. C’était là-bas que les réserves d’eau étaient les plus propices à la survie. Un groupe composé de multiples talents, comprenant un matelot, nommé Tolfs, avec Ryssen et Koren, tous deux des spécialistes dans leurs domaines comme la géologie, la cartographie et bien d’autres choses s’affairaient à préparer leur module d’exploration pour apporter de nouvelles connaissances de cette planète.

Mais alors que tous se concentraient sur un nouveau départ pour quitter cette terre désolée, la capitaine se rendit compte que le vaisseau avait été saboté purement et simplement pour les faire échouer quelque part au cœur de l’espace inconnu… Ils se rendirent d’ailleurs très vite compte qu’ils n’étaient pas les seuls sur cette planète. Elle était habitée par un peuple aux allures primitives… Et des dissensions au sein du groupe ne tardèrent pas à émerger.

Des personnages intéressants et une histoire d’amour impossible nimbés d’un conte envoûtant !

Il y a des romans comme celui-ci qui attirent avec une couverture finement constituée. Mais l’intrigue n’est pas en reste et sublime cet objet à l’apparence fort agréable. J’ai tout de même était refroidi dès la première page, qui évoque les personnages avec leurs noms et leurs fonctions. Je ne suis pas extrêmement fan des histoires au nombre pléthorique de personnages, de peur de m’y perdre et d’y voir des avatars en mal de personnalité et de caractère. Heureusement pour moi, le récit intègre les différents protagonistes de telle sorte que l’on sait s’y retrouver – et même si l’on se perd dans les débuts, on peut toujours se référer au sommaire pour se remettre dans le contexte. Tous les personnages ne m’ont pas marqué, certains sont bien au-dessus des autres et constituent le cœur de l’ouvrage et apportent beaucoup de matière à l’intrigue. Melae, la capitaine qui tente le tout pour le tout dans le but de poursuivre sa mission ; Danco, l’Empathe, qui est au centre de l’attention et dont le rôle s’avère primordial dans cette quête due au hasard – dont l’histoire d’amour atypique fait rêver – et An-Mir, une femme qui a une fonction importante pour maintenir le vaisseau en état de fonctionnement et qui a ses idées bien en place.

Cette intrigue met en avant la culture des habitants de la planète inconnue sur laquelle l’équipage du vaisseau s’est échoué. C’est une culture très riche, qui soulève tout autant de mystères que de questions sur leur façon d’être et les cultes qu’ils vouent. Tout est centré autour d’un conte, celui des 7 dormants. Difficile de l’évoquer sans dévoiler son contenu, mais cette histoire dans l’histoire a su me parler et me faire rêver au-delà de mes espérances. C’est en cela que je comprends Gaël Aymon, qui a intégré avec brio un conte poétique dans un récit qui ne parlera pas forcément à de jeunes enfants. Surtout que certaines scènes ne se prêtent pas forcément à un public très jeune.

La Planète Des 7 Dormants n’est pas un roman au suspense fou qui vous fera pâlir d’envie de le poursuivre jusqu’au bout. Les actions prennent le temps de s’enchaîner dans une écriture fort descriptive et explicative. Il faut apprécier ce type de lecture pour savoir entrer dans le jeu de l’auteur et aimer cette intrigue à sa juste valeur. On y découvre un nouveau monde méconnu nimbé de poésie, où des rencontres formidables vont avoir lieu. Cette planète est à la fois simple et complexe, avec de brillantes idées et où le conflit entre les croyances et les sciences peut lever des doutes et peut-être réussir à accomplir une prophétie ancienne…

Ma note : 4,5/5

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