La Fleur de Dieu - Tome 2 : Les Portes Célestes, de Jean-Michel RéAttaqué par des clones de combat non identifiés, l’Empire s’enfonce lentement dans le chaos. Des mégapoles entières ont été dévastées par des explosions nucléaires et les troupes impériales échouent à rétablir l’ordre.

Alors que l’Empereur convoque toute la noblesse pour confondre l’instigateur de ces attaques concertées, maître Kobayashi se réveille sur une planète paisible où l’a emmené l’Enfant, cet énigmatique messie qui n’a encore livré aucun de ses secrets. Dans ce havre de paix, Kobayashi va devoir poursuivre sa formation spirituelle et guerrière, non pas pour mettre un terme au chaos qui embrase l’Empire, mais pour mener l’Humanité sur la Voie.

L’Enfant – qui a tiré les leçons du passé et a vu l’avenir – l’a prévenu : l’Empire est perdu, il l’a toujours été. Et une autre bataille approche, autrement plus importante…

Albin Michel Imaginaire – 340 pages – 19,90 euros.

Un second tome explosif, où la politique et le pouvoir prennent une tournure dramatique !

Je tiens à remercier les éditions Albin Michel Imaginaire pour l’envoi de ce roman. Il y a quelques mois, j’avais eu l’occasion de découvrir le premier tome de cette série pour en rédiger une chronique. Et même si j’ai sincèrement du mal face au nombre impressionnant des personnages, j’avais pris beaucoup de plaisir à voguer dans ce monde. Cette fois, c’est reparti pour la suite des aventures de la Fleur de Dieu ! 😛

Kobayashi observait. Du haut de son promontoire rocheux, il ne pouvait apercevoir les maisons du village du servant opposé, mais l’emplacement était idéal pour disposer d’une vue dégagée sur la totalité du site. Assis, il méditait. Il venait de passer cinq jours sur cette planète, en compagnie des exilés réfugiés ici. Il désirait trouver un endroit parfait pour être seul avec lui-même, et cette dalle de roche posée au sommet de cette montagne lui convenait. Le soleil commençait à peine à se lever, et déjà quelques rayons frôlaient la cime des arbres en contrebas. Il aimait tout en ce monde, la proximité et la convivialité des personnes, ainsi que ce paysage magnifique. Cet instant faisait naître en lui une profonde quiétude. Sur cette planète, il n’y vivait que cent cinquante-six habitants. Sachant qu’il ne les avait pas tous rencontrés. Seules quarante-huit personnes faisaient partie de ce petit village dans lequel il vivait, et tous se cotoyaient régulièrement.

Il avait été surpris par la chaleur de l’accueil. Lui qui n’était pour eux qu’un étranger.  Pourtant, personne ne le questionnait sur l’endroit d’où il venait. Il avait été accepté sans peine, et toute cette générosité qui émanait de chacun des habitants lui donnait du baume au cœur. C’est comme si, en arrivant ici, toutes les origines étaient balayées d’un revers du bras. Seul Laërtio connaissait les dernières volontés de l’Enfant. Il garderait le secret pour lui, sur l’importance que semble accorder l’Enfant à Kobayashi. Ce dernier pensait que tout le monde voyait cet être mystérieux comme un enfant, mais ce n’était pas toujours le cas. Certains le percevaient différemment. Comme un adolescent, un vieillard ou même une femme. Le plus étrange provenait de la petite-fille de Laërtio qui le voyait comme une fleur.

Une histoire aux multiples personnages et aux multiples mondes qui présente une face bien différente du premier opus !

J’étais vraiment content d’avoir reçu la suite de cette saga, dont le premier tome m’avait laissé une impression très positive. Je me souviens d’une part importante donnée aux religions suite à la conquête d’autres planètes par l’espèce humaine. Dans ce tome-ci, la religion est nettement en retrait. Ce sont les aspects politiques qui sont mis à l’honneur, avec une défiance toujours aussi délicate entre un groupuscule anarchiste qui cherche à se dissimuler au sein de l’univers et le gouvernement officiel. Mais ce serait trop simple, puisque le chef de guerre Latroce s’inscrit dans une volonté de soumettre le pouvoir en place et de faire cesser la servilité qui n’a fait que trop durer. Ses idées sont claires, et il ne veut plus vivre dans un monde tel que celui-ci, quitte à imposer son idéal à l’ensemble des peuples. Je trouve que cette situation, sur le fil du rasoir, donne un immense coup de fouet dès le début de l’histoire. J’ai ressenti une intense tension qui commençait à croître. Forcément, le temps de la paix s’est achevé, et voilà venu le temps des complots et des revendications…

Dans le premier tome, j’avais pu suivre l’apparition de l’Enfant, cet être mystérieux qui se gavait de la Fleur de Dieu autant que possible sans être inquiété de ses effets indésirables. Il est costaud pour un enfant, un sacré coriace ! Ses pouvoirs en semblaient même sans limite tellement ses déplacements affichaient une rapidité déconcertante. Cette fois, j’ai pu comprendre davantage en quoi sa présence devenait indispensable. Il agit avec un altruisme exceptionnel, tel un sauveur qui suit ses propres desseins, sans aucune distinction envers une appartenance à un groupe particulier. Pour lui, ceux qui peuvent le servir n’ont aucune origine à ses yeux. Et même si je n’ai pas vraiment compris l’intégralité de ses envies, le flou s’estompe et laisse place à une netteté bienvenue. Le monde se meurt, partout, et les explosions nucléaires ne font que s’amplifier. Partout, c’est le chaos, un thème cher à l’auteur qu’il n’hésite pas à insérer entre ses chapitres.

Encore une fois, j’ai été pris au jeu, et je ne peux qu’être déçu par la rapidité avec laquelle j’ai dévoré ce roman. Il m’a de suite plu, surtout que le premier tome m’avait laissé de beaux restes en mémoire. Cette histoire, très conflictuelle, met en lumière, au tour à tour, le groupe anarchiste, le gouvernement et le seigneur de Latroce, dont les destins vont irrémédiablement se rejoindre. J’ai été stupéfait devant la détermination de Latroce, et de celle des anarchistes de mettre leur plan à exécution. La fin, parlons-en. Brutale. Trop brutale. Je pense que quelques pages supplémentaires auraient été nécessaires pour comprendre les conséquences des derniers actes perpétrés. Je reste coi devant ces scènes finales, et j’attends, de ce fait, avec une impatience folle, la suite de cette aventure ! C’est un peu comme le final du troisième tome de la Passe-Miroir, cela ne se fait pas. J’avais un léger besoin de déverser ma frustration, toutefois positive si on y réfléchit bien ! 😀

Ma note : 4,5/5

Quentin

Blogueur littéraire

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Chroniques audiovisuelles, escapades culturelles et chroniques littéraires des littératures de l'imaginaire : Science-fiction, Fantasy et Fantastique - SFFF.

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