La Fleur de Dieu, de Jean-Michel RéAn 10996.

Dans les déserts suspendus de la planète sacrée Sor’Ivanyia, un des dix-huit mille mondes de l’Empire, pousse la Fleur de Dieu. Ce remède à de nombreux maux est aussi un vecteur privilégié pour accéder au divin. Grâce à la Fleur de Dieu, l’Homme sait désormais ce qui advient de la mémoire après la mort.

Alors qu’un impitoyable seigneur de la guerre fomente un coup d’état, la formule chimique de la Fleur de Dieu est dérobée par une organisation anarchiste paradoxalement très organisée. Au même moment, l’apparition sur Sor’Ivanyia d’un enfant aux pouvoirs extraordinaires bouleverse toutes les certitudes scientifiques et religieuses de l’Empire. Qui est cet enfant ? Est-il seulement humain ? Est-il ce Messie que certaines religions ont cessé d’attendre ?

Albin Michel Imaginaire – 350 pages – 19,90 euros.

Un roman de science-fiction, mêlé à un semblant d’anticipation, qui met en scène un consul rassemblant les différents cultes…

Je tiens à remercier les éditions Albin Michel Imaginaire pour l’envoi de ce roman. C’est une histoire vraiment intrigante qui m’a été proposée. Ça a aussi été l’occasion idéale pour découvrir la plume de Jean-Michel Ré. Cette histoire représente le premier tome d’une trilogie où les personnages voguent de mondes vers d’autres mondes. L’an 10996 recèle encore bien des mystères pour nous autres, gens du XXIème siècle !

L’Enfant se situait à six cent mètres d’altitude, au beau milieu des frondaisons épaisses qui laissaient échapper les quelques rayons lumineux du soleil environnant. C’est dans une grotte formée de parois minérales et végétales qu’il évoluait. Il lui fallait prendre garde à cet écosystème particulier qui pouvait s’avérer hostile. Les feuilles des arbres sur lesquels il se trouvait lui permettait de se mouvoir de l’une à l’autre pour atteindre son but. À chaque appui bien dosé, ces feuilles le faisaient sauter de quelques mètres pour joindre sa prochaine cible. Mais toutes les feuilles ne réagissaient aucunement de la même façon, alors que certaines pouvaient lui prodiguer un bond d’une hauteur non désirée, ou même se déchirer soudainement selon sa fragilité. L’Enfant se souvenait d’une de ces créatures qui avait eu la malchance de se retrouver face à la dangerosité de ces feuilles. Leurs arêtes vivent avaient tranché net ses membres supérieurs

Ce chemin qui allait le mener jusqu’à l’Amante Éveillée valait bien toutes les qualités qu’il était en droit de disposer. Il fallait là de la témérité et une bonne dose de courage pour continuer. En avançant, il parvient à apercevoir un Koldosia, végétal immense qui couvrait près de sept millions d’hectares de surface. Celui-ci voyait sa ramure pétrifiée. Cet arbre était aussi beau qu’il était dangereux pour les espèces qui ne venaient pas de ce monde. Les virus et les bactéries, qui peuplaient en nombre l’immense individu, aimaient se développer dans les sinus et les poumons pour causer des effets désastreux. L’ascension de l’Enfant se poursuivait, inexorable. La Sainte Fleur, il devait la rejoindre, il était venu en ce monde pour la trouver. Il se devait de discerner la Création de Dieu, comme la plus primordiale mission de toute son existence

Une histoire teintée de religion et de croyances, où le pouvoir a changé de camp depuis notre époque actuelle…

C’est un roman qui m’a donné un peu de fil à retordre en début de lecture. Déjà, le listing des personnages présenté en préambule offre beaucoup de matière. Il y a pas mal de protagonistes, et rien qu’en lisant ceci, j’ai pu me représenter les implications de chacun et à quel point l’univers dans lequel j’allais entrer est vaste. Ce ne sont pas moins de dix-huit mille mondes qui composent l’Empire. Bon, d’accord, cela fait clairement penser à la saga culte des Stars Wars, et on en est pas loin. Les affrontements sont là, et un groupuscule de rebelles vient perturber les plans de l’Empereur et d’autres personnes qui faisaient du business jusque là sans aucune contrainte. Mais la comparaison s’arrête là. Beaucoup de divergences se font ressentir, avec, en particulier, une implication forte et omniprésente de la religion. La Terre Primale, comme mentionnée dans ce premier tome, fait facteur de modèle. On retrouve dans tous les mondes peuplés des musulmans, des chrétiens et des juifs, en plus d’autres croyances mineures comme les bouddhistes et certaines autres encore.

Dès 2087, les églises religieuses se sont rassemblées en une confrérie, appelée l’Ordo. Cette dernière permet de réunir les hauts représentants de chaque culte et de prendre part à l’intégration des avancées scientifiques et technologiques dans l’Empire. Le pouvoir politique s’est étiolé, pour laisser place de nouveau à la domination de l’église comme dans le passé. L’auteur décrit d’ailleurs clairement comment les choses en sont venues jusque là, en partant de notre XXIème siècle pour impliquer le lecteur dans l’évolution qui a suivie. Le plan politique, judiciaire, et même humain, sont repris dans des interludes entre chaque chapitre, qui donnent une dimension plus réaliste à l’univers imaginé par l’auteur. Parmi certains d’entre-eux, il y a comme une critique construite de notre société actuelle et de ses distractions totalement virtuelles, utilisées pour orienter notre regard sur autre chose que sur la réalité vraie.

Le style d’écriture est fluide, même si certains passages requièrent une attention plus particulière. C’est notamment le cas lorsque des termes inventés sont intégrés au texte. Il existe un glossaire en fin de volume qui permet de les comprendre de façon très efficace. Mais il faut souvent interrompre sa lecture pour aller chercher l’information. Ces dernières sont toutefois fort complètes et intéressantes. J’ai peut-être trouvé que les personnages manquaient de profondeur pour certains. Au vu de leur nombre et des changements réguliers de point de vue selon les chapitres, ils auraient mérité une attention plus poussée. Cela n’a pas pour autant nui à ma lecture plus que cela.

La quatrième de couverture offre un mystère de taille à élucider, et cet aspect de planète considérée comme sainte par tous les peuples est une idée inédite, en tout cas pour ma part. Cette fameuse Fleur de Dieu est capable de donner de nombreux effets bienfaiteurs selon les molécules qui en sont tirées. Elle peut donner également des visions funèbres mystérieuses… Le monde imaginé par l’auteur est riche en détails, avec des lieux étranges comme les Saintes Crèches. J’ai senti que la réflexion était poussée, surtout sur le fait que les matières premières commençaient à manquer, alors que les matières organiques étaient plus abondantes. C’est une lecture formidable, qui fait réfléchir et fait rêver bien au-delà de ce à quoi je m’attendais. C’est un premier tome de science-fiction comme je les adore ! 😀

Ma note : 4/5

4 Commentaires

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