La Fille de Tchernobyl, de Aurélie WellensteinDix ans après le drame de Tchernobyl, Lana se rend clandestinement dans la Zone interdite. La nature y est resplendissante mais villes et villages ne sont plus que ruines, poussière et désolation. Après s’être recueillie sur la tombe de son père, pompier mort à la suite de l’explosion, Lana aperçoit un cheval sauvage, libre sur la route. Ainsi, certains animaux peuvent vivre ici en dépit des radiations ! Mais très vite, elle découvre que des braconniers le poursuivent, lui et sa harde. Lorsqu’il est capturé, Lana n’hésite pas une seconde à se lancer à son secours. Cette course-poursuite fiévreuse, dans l’un des lieux les plus radioactifs au monde, aimante la jeune fille autant qu’elle l’épouvante. Car entrer sur ces terres empoisonnées, c’est aussi pour elle affronter les fantômes du passé.

Magnard Jeunesse – 158 pages – 12,90 euros.

Une histoire humaine sur les traces de son père…

Après avoir tant apprécié le roman Les Loups Chantants d’Aurélie Wellenstein, je me suis lancé dans cette lecture pour découvrir à nouveau la plume de l’auteur. Mais ici, le registre est bien différent. Ce court roman jeunesse mêle témoignage et l’histoire de la catastrophe qu’à occasionnée la centrale nucléaire de Tchernobyl.

Lana, une jeune fille de seize ans, se décide à mentir à ses parents sur sa destination du week-end. Ces derniers ne toléreraient jamais qu’elle aille se rendre en zone interdite pour aller rendre visite à sa grand-mère, Babouchka. Elle n’a jamais voulu quitter sa maison, même après la catastrophe, et y vit en autarcie avec quelques rares autres personnes. Les accès à cette zone sont réglementés, et il faut une autorisation pour en sortir. Seules les marchandises ne peuvent pas quitter cette zone, simple principe de précaution à cause des radiations.

C’est dans une charrette pleine que Lana se dissimule pour entrer dans la zone. Sa volonté est de retrouver son village natal qu’elle n’a plus aperçu depuis dix ans. Mais aussi de partir sur les traces de son père, mort alors qu’il était parti à l’assaut de l’explosion. Elle va se rendre compte que tout autour d’elle a changé, la nature a repris ses droits sur les constructions humaines et les bâtiments abandonnés sont devenus communs.

Sa grand-mère a eu le temps de s’adapter à sa nouvelle vie, avec toutes sortes de petites astuces pour tenter de réduire les radiations sur les aliments avant de les consommer. La petite Lana, un peu trop aventureuse pour son âge, va se rendre compte qu’une faune diversifiée vit paisiblement, à l’abri de toute activité humaine. En particulier, un spécimen magnifique d’une race de chevaux particulièrement rare se présente non loin d’elle. Et très vite, elle va se retrouver attirée à lui jusqu’à découvrir tout un troupeau, pour contempler leur beauté et toutes les convoitises que la rareté peut attirer

La réalité de la zone interdite…

Au travers de ce roman, Aurélie Wellenstein souhaite nous faire part des réalités quotidiennes qui prennent position dans cette zone d’exclusion. Des paysages de désolation laissés à l’abandon, au développement de la faune en passant par l’organisation de la vie pour ceux ayant décidé d’y rester. Le texte est profond, touchant par son réalisme, et où les aspects politiques de la catastrophe sont évoqués explicitement. Le gouvernement ayant cherché à minimiser les effets de l’explosion sur la santé et sur le nombre de victimes directes pour éviter d’avoir à indemniser autant de personnes.

Les héros qui se sont précipités pour réduire les effets de la catastrophe ont été réduits au silence par leur courage, jetés dans une fosse commune loin de chez eux pour sombrer dans l’oubli.

On a vraiment l’impression de pénétrer dans un monde interdit, où les check-points sont gardés par des soldats et où il faut essayer à tout prix d’étouffer cette affaire. Les personnages rencontrés dans cette intrigue sont tous marqués à vie par cet événement, chacun à sa manière suivant son âge et sa génération.

Ce n’est pas un roman à suspense qui va vous pousser à le lire jusqu’au bout, c’est même une intrigue assez plate, sans à-coups. J’ignore même si le jeune public saura avancer dans sa lecture sans rechigner par moments. Mais la force de ce récit réside dans toutes les informations et les émotions qu’il véhicule.

Ma note : 3,5/5

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