La cité de l'orque, de Sam J. Miller

22ème siècle.

Les bouleversements climatiques ont englouti une bonne partie des zones côtières. New York est tombé; les États-Unis ont suivi. Au large de pays plongés dans le chaos, ou en voie de désertification, de nombreuses cités flottantes ont vu le jour. Régies par des actionnaires, elles abritent des millions de réfugiés.

C’est sur Qaanaaq, l’une de ces immenses plateformes surpeuplées, qu’arrive un jour, par bateau, une étrange guerrière inuit. Elle est accompagnée d’un ours polaire et suivie, en mer, par une orque. Qui est-elle ? Est-elle venue ici pour se venger ? Sauver un être qui lui serait cher ?

Albin Michel Imaginaire – 396 pages – 24 euros.

Un roman de science-fiction et d’anticipation où les bouleversements climatiques ont aidé à la création de cités flottantes…

Je remercie les éditions Albin Michel Imaginaire pour l’envoi de ce roman. J’ai été enchanté par la lecture de ce quatrième de couverture, qui s’inscrit dans mes lectures actuelles, souvent basées sur la thématique de l’écologie. Ici, je suis parti sur une intrigue d’anticipation qui dépeint notre monde suite aux bouleversements climatiques qui nous attendent. J’adore découvrir de nouvelles possibilités d’avenir, même si elles sont parfois peu reluisantes !

Qaanaaq, une grande cité flottante située au nord de l’Islande. Plusieurs pays avaient participé à sa construction. Une femme venait d’arriver sur son embarcation, à laquelle une orque était harnachée. Mais le duo se composait aussi d’un troisième membre, un ours blanc dont le pelage immaculé laissait apparaître du sang rouge vif. Cette femme nouvellement arrivée arborait un visage très caractériel, quelque chose n’allait pas. Ses seuls vêtements étaient faits de tôles de plastique de récupération, qui faisaient penser à une armure d’un genre tout à fait nouveau. Des bricoles et des armes jonchaient son embarcation des plus basiques. Une voile, ainsi qu’un moteur à essence, qui venait combler le déficit de vent sur les derniers kilomètres à parcourir. Et à en croire la défense de morse qui venait achever son arme, elle n’était pas venue là pour faire la fête… Elle brûlait d’impatience de commettre un crime. Du moins, c’est ce que l’on racontait.

La femme était vêtue de peaux, de celles qui protègent d’un froid extrême. Accompagnée de son ours blanc à la tête engagée et le corps enchaîné, l’orque nageait aux côtés du navire qui n’allait plus tarder à accoster. Apportant son lot d’armes sans réellement connaître les volontés de cette inconnue venue de nulle part…

Une intrigue riche en explications et en détails, autant sur les cités que sur les personnages, qui joue avec le trop plein d’informations…

J’ai été stupéfait par l’univers mis en place par l’auteur. Non seulement il est vaste, mais aussi très minutieux. Il prend appui sur une anticipation de notre futur, comme il se présentera au cours du XXIIème siècle, avec ses soucis climatiques et toutes les conséquences qui en découleront. J’ai aimé le fait que la finance prenne un rôle aussi prépondérant dans cette histoire, avec la conception de cités flottantes qui viennent en aide au peuple pour pouvoir les abriter dans un climat plus propice à la vie. La cité de Qaanaaq, ville principale de l’intrigue, étant située sous des latitudes plutôt froides, le système de chauffage est un indispensable qu’il faut entretenir avec soin. Dans le même temps, il me semble fort bien que cette cité – et peut-être même les autres – soient fixes et ne peuvent donc pas naviguer au gré des saisons. L’emplacement n’a pas été choisi au hasard, et ce sont les spécificités des bas-fonds marins qui ont permis de bâtir quelque chose là où il n’y avait rien ! Comme une pieuvre posée sur les eaux de l’océan, des Bras s’articulent autour d’un axe central, avec un nombre qui peut s’avérer immense pour les plus grandes des cités. Ce sont de belles images qui m’ont fait rêver !

J’ai trouvé que la combinaison du style d’écriture plutôt soutenu et la profusion d’idées ont considérablement alourdi ma lecture. C’est le seul point négatif que je peux reprocher à cette histoire. Il y a des moments où les actions ne sont pas très présentes, et où l’aspect psychologique des personnages et les explications sur l’univers supplantent le tout. C’est une grande histoire familiale qui prend place dans ce monde dévasté par la montée des eaux, avec des allures post-apocalyptiques. Je dois même dire que nous ne sommes pas très loin de la dystopie. Les habitants de Qaanaaq n’ont en aucun cas leur mot à dire sur la gestion de la cité, qui est dirigée par une pléthore de programmes informatiques assimilés à des IA. Entre cela et les actionnaires qui amassent des fortunes en louant les appartements, les locataires, tels qu’ils sont appelés dans le livre, n’ont qu’à bien se tenir et à payer des loyers toujours plus exubérants…

La Cité de l’Orque affiche d’excellentes idées comme la maladie qui frappe les habitants de Qaanaaq. Les failles. Ce nom n’est d’ailleurs pas très parlant, même si c’est une belle métaphore par rapport aux effets ressentis par les personnes infectées. D’ailleurs, quelques passages dans le roman, rédigés en gras et avec une police différente, mettent en avant les paroles de certains médias et des explications plus poussées sur certains sujets importants. J’ai été étonné par la diversité des peuples qui ont émigré à Qaanaaq. C’est au travers du personnage énigmatique qui arrive au début du roman que tout se joue. C’est avec son orque et son ours que beaucoup de questions se posent sur la relation qu’ils entretiennent avec cette femme mystérieuse. J’ai alors appris que toute une technologie gravitait autour de ce personnage et de son ancien peuple. Son sang recelait le secret de sa connexion avec les deux animaux, qui entretenaient des liens télépathiques puissants grâce à des nano-particules. C’est un récit très humain que j’ai découvert, avec un final surprenant et de belles rencontres !

Ma note : 3/5

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