Deux Degré et demi, de Pierre-Etienne Bram2028. 10ans après le rapport alarmant du GIEC, la température moyenne a augmenté de deuxdegrés et demi, démultipliant les conséquences du dérèglement climatique. Un multi-entrepreneur propose à l’ONU un programme écologique radical basé sur un système de notation. Léo embarque sur un bateau nettoyeur en direction du vortex de déchets de l’Atlantique Nord.Son objectif ? Engranger suffisamment de points pour lui permettre, avec sa famille d’accéder à la seconde partie du projet…

Roman auto-édité – 323 pages – 15 euros (broché) – 2,99 euros (ebook).

Un roman entre anticipation et science-fiction, où l’urgence climatique se prépare par un projet hors du commun !

Je tiens à remercier Pierre-Etienne Bram pour l’envoi de son tout dernier roman. Ça me fait vraiment plaisir de pouvoir lire des auteurs auto-édités qui écrivent avec passion. Alors, après avoir adoré Projet Mars Alpha, me voilà reparti dans la plume de l’auteur. La thématique change et passe de la conquête de l’espace à l’écologie, avec toutefois quelques similitudes que vous dénicherez aisément si vous lisez ces deux romans ! 😛

Le 8 octobre 2018, certains scientifiques participaient à la publication du rapport alarmant du G.I.EC. Il fallait faire des efforts pour parvenir à une hausse maîtrisée de la température moyenne d’ici les dix prochaines années. Le grand public devait également prendre part à toutes les actions en faveur de l’environnement, ce n’était plus seulement une histoire purement politique. La situation le nécessitait. Mais c’était sans compter la réalité qui allait frapper de plein fouet la planète toute entière. Deux degrés et demi. Voilà ce que nous allions tous subir, ça et toutes les conséquences qui suivraient. Les récifs coralliens diminuaient, jusqu’à disparaître totalement. La faune et la flore accusèrent une chute drastique de leur nombre. La fonte des glaces venait augmenter le niveau des mers et des océans, plongeant la quasi-totalité du Bangladesh sous les eaux. Les premiers réfugiés climatiques inondaient les pays encore au sec…

Un futur apocalyptique attendait l’espèce humaine, alors que les autres espèces profitaient parfois de cette remontée des températures. Les moins chanceuses mourraient, ne laissant que des vestiges de leur existence. Les moustiques pullulaient, et se reproduisaient en abondance. Le G.I.E.C. de 2028 ne demeurait que l’ombre de lui-même. Il était trop tard. La planète ne s’en remettrait pas, et nous non plus. Il aurait fallu une action de masse, attirant toutes les personnes du globe, pour enrayer ce qui pouvait encore l’être. Tenter une dernière fois un coup de poker pour sauver l’humanité, ainsi que les espèces ayant survécu. Luke Mons arrivait à point nommé dans cette situation, riche et intelligent, il conduirait un projet capable de transférer un million de personnes sur une planète lointaine potentiellement habitable. Une sélection allait donc avoir lieue. Et seuls les meilleurs pourraient espérer monter à bord d’une existence nouvelle et dénuée de pollution…

Une histoire palpitante qui ne laisse aucun répit, mêlée à des personnages aussi admirables que détestables !

Ce roman est incroyablement vivant. Je ne me suis pas ennuyé une seule seconde. Il faut dire que le thème de l’urgence climatique, tel qu’il est question ici, est quelque chose qui me parle beaucoup et qui me tient à cœur. Les premières pages, très moralisatrices, m’ont directement mis dans le bain. Je me suis retrouvé instantanément dans le sujet, comprenant ainsi les enjeux de notre planète en perdition dans une époque future pourtant pas si éloignée de la nôtre. Comme le titre du roman nous l’annonce, le climat mondial a pris deux degrés et demi, ce qui est pire que le constat pessimiste qui avait été élaboré. Évidemment, un sauveur se présente, Luke Mons, le seul capable de venir en aide à notre planète en sursis grâce à son projet qui entrera à coup sûr dans la légende. Ce personnage, assez énigmatique, a été beaucoup trop difficile à cerner pour ma part. Je ne saurai vous dire pourquoi dans cette chronique, pour éviter tout type de spoiler. Il aurait mérité un peu plus de profondeur, ne serait-ce que pour comprendre ses exagérations comportementales qui résonnent comme des caprices enfantins.

Je dois dire que le reste des protagonistes offre une plus belle image, avec des caractères compréhensibles et des façons d’agir beaucoup plus fluides. Léo est d’ailleurs le personnage principal par excellence, avec ses motivations et ses ambitions qui sont bien au-delà des autres personnes qui cohabitent autour de lui. Il en est de même de sa femme Mathilde, ou encore de Jane, la femme de Luke, dont les agissements sont limpides et prennent appui sur ceux de son mari. J’ai apprécié l’ambiance de ce roman, ainsi que son revirement de situation qui me fait un peu penser à Projet Mars Alpha. Et même si je pouvais m’en douter, l’auteur m’a tout de même bien eu ! Les descriptions sont exemplaires, entre les phénomènes qui frappent la planète, le continent de plastique de l’Atlantique nord et la fameuse base secrète de Luke Mons, tout est écrit de façon à appréhender chaque détail.

Les actions ne font que s’enchaîner, avec une utilisation des nouvelles technologies présentes à l’époque où se déroule l’intrigue. Des drones surveillent presque en permanence les cieux, se fondant dans le décor. Mais ce qui m’a le plus émerveillé, c’est l’utopie lancée par Luke et qui a été suivie par bon nombre de pays. L’auteur a relevé certaines problématiques comme la production de viande, une industrie très productrice de dioxyde de carbone. Un état en particulier ne vivait presque que de l’exportation de produits animaliers. Ce dernier a dû revoir sa copie, avec une modification flagrante des paysages et de l’économie de ce pays. Tout l’aspect humain a également été travaillé avec beaucoup de soin. Entre les émotions des personnages et l’horreur de la nature humaine, tous les cas de figure sont représentés dans ce nouveau mode de vie qui est imposé aux citoyens du monde. Même si le projet de Luke apparaît comme une dictature, tous ont fait le pari de le suivre, plus ou moins tôt, pour tenter une nouvelle vie pleine d’espoir, bien loin de notre système solaire…

Ma note : 4/5

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Quentin

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