La Dernière Guerre - Seconde Vie, de Fabrice ColinJe m’appelle Rain, j’ai quinze ans. Je vis dans un monde ravagé par la guerre, où plus aucune femme ne peut avoir d’enfant. Un monde à feu et à sang que je dois traverser, car j’ai juré de retrouver Floryan. Pour s’échapper de l’Intermonde, il a fait le choix de la réincarnation en plongeant dans le Nihil. Mais au lieu d’un seul garçon, j’en découvre deux, Anthony et Eliott. Lequel est Floryan ? Je l’ignore. Nous devons cependant faire vite, car l’horreur qui ronge la Terre porte un nom : les « Élohim ». Or désormais, nous le savons, ces êtres sans émotions sont parmi nous… et notre désespoir est leur nourriture.

Michel Lafon – 428 pages – 7,00 euros.

 

Un second tome apocalyptique…

Vous venez de terminer de premier tome « 49 jours » ? Dès maintenant, tout va basculer ! Déjà, narrativement parlant, on change d’interlocuteur. Il m’a fallu quelques bons paragraphes pour me rendre compte que c’était le point de vue de Rain que l’on suivait. Même l’univers a changé, ici, place au monde réel avec quelques incursions dans l’Intermonde tout de même.

Alors que rien n’était rose dans le premier tome, je vous rassure tout de suite, ça ne va pas aller en s’améliorant, bien au contraire. On apprendra à nos dépends que la réalité, en apparence comme en profondeur, ne valait pas l’innocence des débuts du village de Landerost. Terminés les beaux paysages et l’émerveillement, place à l’apocalypse, la vraie. On aperçoit l’essence même des êtres humains face à la fin du monde, qui paraît inévitable, s’accusant les uns les autres, menant des guerres sans connaître le véritable coupable. L’espoir semble perdu depuis bien longtemps, même si certaines petites communautés luttent encore, mais pour combien de temps ?

L’histoire débute avec Rain, qui cherche à tout prix à rejoindre la fameuse chapelle décrite par Floryan. C’est là qu’ils sont censés se rejoindre, mais elle ignore sous quelle forme ou sous quelle apparence il se présentera alors à elle. C’est bien là le problème lorsqu’un premier jeune homme fait son apparition : Anthony. Peu après suivi d’un autre : Eliott. Lequel semble être Floryan ? L’un ou l’autre, ou peut-être aucun des deux.

En tout cas, ces trois-là vont vivre beaucoup d’aventures ensemble. Entre rivalités et acceptation de l’autre, ce n’est non sans peine qu’ils vont suivre Eliott. Ce dernier vient des États-Unis et doit y retourner en compagnie de Rain. Une étrange machine qui permet de visiter et de s’incarner dans l’Intermonde est fin prête à les accueillir pour un voyage hors du commun.

Des longueurs et des révélations

Entre le premier et le second tome, il y a un saut dans le temps de plusieurs années. Si bien que le petit Eliott de « 49 jours » se retrouve adolescent dans « Seconde Vie ». Rain, pour découvrir le passé d’Eliott, va donc se mettre à lire une autobiographie rédigée par ce jeune homme en personne. Que dire à part que c’est extrêmement long ? Les chapitres sont éternels – en comparaison des autres – et ne sont pas aussi passionnants qu’escompté, même si connaître son existence passée s’avère être nécessaire.

La première moitié de ce second tome manque de dynamisme, c’est certain. Il ne s’y passe pas grand chose, si bien qu’il m’a semblé trop facile de décrocher. On est loin du premier tome et de son suspense à faire tenir éveillé une bonne partie de la nuit ! Je ne dis pas que les scènes manquent d’action, mais on assiste davantage à un road trip mal organisé qu’à quelque chose de plus concret.

Heureusement, dès la moitié passée, les choses sérieuses débutent. Même si cela reste très différent du premier tome et de son côté fantasy très développé, on y prend facilement goût. On y retrouve les Élohim, aussi baptisés Hommes-Cendres. Ces derniers prennent une part importante de l’intrigue et se révèle riche en révélations.

J’ai beaucoup apprécié les trois personnages principaux de ce roman : Rain, Eliott et Anthony. Le caractère de Rain s’est considérablement affirmé au cours de l’histoire, même si elle est très affectée par le monde qui les entoure. Quant à Eliott, il m’a donné mauvaise impression dès les premières lignes le concernant. Je l’ai vu comme un bad boy égocentré, mais cette interprétation s’est vite dissoute pour laisser la place à un personnage beaucoup plus humain. Le personnage de Thomas Richter n’est pas mal non plus, ni même son ex-épouse, que l’on retrouvera un peu plus tard dans l’histoire.

En bref, c’est un second tome qui se vaut, même si les idées sont nettement différentes. On passe d’un univers à la « Avatar » à un « Je suis une légende » avec les êtres humains en plus. C’est déroutant mais plutôt agréable. De bonnes idées émergent, comme le fait de devoir s’incarner dans une matrice informatique pour pouvoir effectuer un piratage. En ce qui concerne la fin, je ne l’ai pas trouvée très recherchée. Elle reste comme le premier tome, pour ma part : très prévisible. Heureusement que la seconde moitié du roman rattrape le tout entre découvertes et révélations, le tout nimbé de science.

Pas si vite ! D’autres avis par ici : Totorosworld, Bulle de Manou ou encore Lire délivre.

Quentin

Blogueur littéraire

A propos de l'Auteur

Chroniques audiovisuelles, escapades culturelles et chroniques littéraires des littératures de l'imaginaire : Science-fiction, Fantasy et Fantastique - SFFF.

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