Cookie Monster, de Vernor VingeNon, vraiment, la vie de Dixie Mae n’a pas toujours été rose… Mais grâce à LotsaTech, et au boulot qu’elle vient de décrocher au service clients de ce géant high-tech, les choses vont changer. Telle était du moins sa conviction jusqu’à ce que lui parvienne l’email d’un mystérieux expéditeur, message qui contient quantité de détails intimes liés à son enfance et connus d’elle seule… Dixie Mae, telle Alice, devra passer de l’autre côté du miroir et payer le prix de la vérité — exorbitant : celui de la nature ultime de la réalité au sein de la Silicon Valley…

Le Bélial – 101 pages – 8,90 euros.

Une novella de science-fiction anticipative qui met l’accent sur les technologies de l’informatique et ses probables dérives…

Je dois vous avouer que je me suis procuré quelques ouvrages de la sublime collection Une Heure Lumière des éditions Le Bélial. Vous retrouverez donc quelques chroniques dans les jours ou semaines à venir. Et voilà que je découvre pour la première fois la plume de Vernor Vinge et sa novella plantée dans un décor très particulier qu’est l’informatique.

Dixie Mae travaillait dans son box, au beau milieu de l’open-space. Quelqu’un venait de lui demander si son nouveau job lui plaisait, et ce quelqu’un, c’était Victor, dont le visage acnéique dépassait légèrement des parois qui la séparait de ses collègues. Évidemment que Dixie était heureuse ici, alors que son ancien travail consistait à griller des burgers. Elle savait bien que cela ne pouvait durer éternellement, cette situation et cette entreprise avaient tout pour plaire. LotsaTech était à la pointe de la technologie. Ils avaient réussi à supplanter les grands noms de l’époque tels que Microsoft et IBM. Victor travaillait ici dans un intérêt propre. Il exerçait en tant que journaliste et cherchait à écrire une chronique dénonçant les agissements de LotsaTech. Ce serait ici sa première et dernière semaine, où il comptait bien faire semblant avant de partir pour de bon.

Victor avait la bougeotte tout autant qu’il était un beau parleur. Il passait son temps à se plaindre de ce travail. Et ce n’était pas Mr. Johnson qui pourrait dire le contraire. En bon professeur qu’il était, ce dernier devait former les nouvelles recrues pour les familiariser avec les produits de la boutique. Disons qu’avec Victor, le courant ne passait pas sans obstacle. Dixie Mae voulait plus que tout conserver ce job, et mettait un point d’honneur à répondre à ses requêtes avec le plus de soin possible. LotsaTech voulait changer la donne des services clients robotisés qui ne répondaient que par des réponses enregistrées à l’avance. Cet aspect humain manquait pour comprendre les réels problèmes des clients, et c’était là une prouesse que d’embaucher des salariés pour traiter les requêtes client. Ils espéraient juste pouvoir développer leur chiffre d’affaire en mettant en avant un service impeccable et personnalisé

C’est une histoire troublante, dotée de personnages attachants ou agaçants, qui mène sur un véritable jeu de piste !

Cette lecture en demi-teinte a été pour moi à la fois fastidieuse et nuée de bon sens qui mènent à des réflexions intéressantes. Le contexte de cette novella est vraiment fort particulier, peut-être pas autant que Cité 19 de Stéphane Michaka, qui se révèle être dans un univers similaire. Dixie Mae avait tout pour être heureuse dans son nouveau job, surtout lorsque l’on voit dans quelle entreprise elle exerce ! Son service client, situé dans un open-space, lui permet de faire aisément la rencontre de ses collègues, tout comme de Victor, un être méprisable et franchement agaçant. Il a tout de même le mérite de lancer l’élément perturbateur qui va donner le rythme à l’intrigue.

Le style d’écriture de l’auteur est limpide, sauf quand il évoque des théories et qu’il se lance dans des explications scientifiques des plus corsées. Il faut avoir un certain bagage en informatique pour dire de pouvoir apprécier l’ensemble des dires de l’auteur. J’ai dû m’accrocher par moments et laisser décanter le tout pour bien saisir l’essence de certains paragraphes. Mais cet aspect donne aussi la sensation d’avoir deviné les choses par soi-même, ce qui n’est pas fort désagréable.

Cette histoire emmène les personnages sur un jeu de piste. Chaque étape leur permet de comprendre un peu plus en quoi le message étrange qu’a reçu Dixie la rapproche de la vérité. À mesure qu’elle se met sur le chemin d’autres personnes, leurs connaissances multiples se combinent pour mettre un nom sur un éventuel coupable. Mais cette quête est double. Se mettre sur la trace de quelqu’un est quelque chose, mais découvrir une vérité qui les dépasse en est une autre bien plus effrayante… La réaction des protagonistes est d’ailleurs bien en-deçà de ce à quoi je m’étais attendu en pareille situation, comme si cela ne les emeuvait pas tant que ça !

Dans Cookie Monster, il est question de système informatique dernier cri, que l’auteur décrit en tant qu’anticipation dans un récit qu’il a écrit près d’une décennie avant le repère temporel instauré dans la novella. Il a imaginé le futur et les dérives qui se situent à la frontière du transhumanisme et des mondes virtuels. Les sujets abordés sont brûlants, à tel point qu’ils font réfléchir sur la nature même de notre monde, de ce qui nous entoure et de l’exploitation pour obtenir toujours davantage de productivité…

Ma note : 3,5/5

Pas si vite ! Il existe d’autres chroniques sur cette novella : Les Lectures du Maki, Livraisons Littéraires, Blog-O-Livre et Les Lectures de Sophie.

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Quentin

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