Cité 19 - Tome 1 : Ville Noire, de Stéphane MichakaQue faisait le père de Faustine à minuit au sommet de la tour Saint-Jacques ? Et qui l’a précipité dans le vide ?

Convoquée pour identifier le corps, Faustine ne reconnaît pas les mains de son père. Persuadée qu’il a été kidnappé par une secte mystérieuse, elle se lance sur la piste d’un inquiétant personnage. Elle suit l’homme dans une station de métro, trébuche, perd connaissance et se réveille… 150 ans plus tôt !

Pocket Jeunesse – 349 pages – 16,90 euros.

Un roman étonnant qui nous fait jongler entre le présent et l’époque du Second Empire !

Je me suis lancé dans la lecture de Cité 19, un roman et même un auteur français que je ne connaissais pas le moins du monde. La quatrième de couverture est attirante et nous entraîne dans les vestiges historiques d’un Paris du Second Empire au cœur du XIX ème siècle. Voilà qui était là pour me plaire, avec l’attrait de cette couverture qui nous plonge dans cette révolution parisienne qui n’est pas des moindres !

Un homme se présenta dans un square, aux abords de la tour Saint-Jacques, un clocher à l’apparence gothique. Il n’y avait personne autour de lui, malgré le rendez-vous qu’il avait pris avec les membres d’un groupe nommé les Illuministes. Trois d’entre-eux convergèrent vers l’homme qui les attendait. Il était comme cerné par ces gens dont il ne connaissait pratiquement rien. Dans la pénombre, un homme maigre lui intima de les suivre pour entrer dans le clocher, tenant une lame à la main pour donner assez de motivation à l’homme venu les rencontrer au cas où il en manquerait. Sa seule possibilité de fuite était de grimper les marches aussi vite que possible pour filer en douce, mais rien n’était simple dans un tel édifice. Arrivé au sommet, il ne put que tenter de crier pour espérer qu’on lui vienne en aide. Mais déjà, ses poursuivants étaient sur ses traces, faisant mourir son cri de détresse dans sa gorge. Au lendemain, au même endroit, la zone était noire de monde. Noire de policiers surtout. Un corps mutilé était écrasé au sol, et à ses côtés un badge professionnel appartenant à un certain Louis Treussart.

Faustine Treussart se rendait dans l’atelier de restauration du musée d’Orsay où exerçait son père. Elle cherchait Marie, une experte dans son domaine, qui traquait les vraies pièces d’art et rejetait les fausses sans vergogne. Comme ce faux bronze cassé que Faustine souhaitait récupérer pour la beauté de l’objet. Elle adorait collectionner les fausses pièces pour les admirer en secret et, plus que tout, elle se destinait à enserrer une carrière de conservatrice de musée de ses deux bras. Tel était son rêve.

Faustine avait aussi des connaissances avec lesquelles elle passait du temps hors de son travail. Elle ne pouvait se permettre de vivre aux dépends de son père, qui ne lui donnait pas suffisamment pour payer son loyer. Alors elle avait trouvé un job dans une sandwicherie. Kriss était le chef de la bande. Ce dernier ne cherchait qu’une chose : attirer Faustine sous le Pont-Neuf pour profiter de son corps.

Aux abords de la Seine, un homme aux allures de dandy approchait de Faustine. Il la provoqua et continua de se rapprocher d’elle. Elle se défendit pour éviter que l’homme ne vienne à son contact. Celui-ci riposta tandis que Faustine, pleine de rage, se rendit compte qu’elle avait été éclaboussée par de l’eau. L’eau de la Seine. Elle venait de pousser l’homme dans le fleuve. Et il ne semblait pas remonter à la surface. Elle prit la fuite dans l’espoir que personne ne viendrait remonter jusqu’à elle

Une intrigue de haut vol qui ne ménage pas son lecteur !

Cité 19 est un roman surprenant qui nous fait passer du présent assez chaotique de Faustine à une période passée de l’histoire parisienne qui évoque tous les bouleversements auxquels la capitale doit faire face. L’auteur nous apporte des connaissances historiques et des scènes de vie éloquentes sur la façon de vivre, les habitudes et l’environnement, aussi bruyant que mouvementé, dans lequel les parisiens d’antan évoluaient. Mais tout ceci ne représente qu’une partie de l’intrigue, alors que les rebondissements se font nombreux, et surtout un d’ailleurs une fois la première partie de ce livre achevée…

Tous les personnages sont dotés d’une personnalité incroyable et tous font partie intégrante de l’intrigue, avec une nette impression que Faustine dirige l’histoire sans même s’en rendre compte. Elle est d’une intelligence remarquable et joue de ses particularités physiques pour mener sa mission à bien. Avec elle, Vikram est un jeune homme plein d’entrain avec qui elle va partager le début de l’intrigue, également aux côtés de Morgane. Cette dernière et Vikram sont ses derniers amis, des gens fréquentables, pas comme Kriss et sa bande qui étaient de mauvaises fréquentations et qui l’avaient poussé au vice. Faustine doit également faire avec la perte de ses parents et utiliser le mensonge avec tact pour se sortir de situations des plus déplaisantes. Son courage et sa force mentale conduisent le récit avec brio.

Le fait que Stéphane Michaka soit un auteur français ne fait que renforcer mon avis sur ce roman. C’est un peu traître, mais les bons romans français devraient être mis entre toutes les mains. L’intrigue est très prenante et j’ai su engloutir les 349 pages de ce livre en une seule journée – chose qui n’arrive jamais avec des intrigues que je ne peux pas voir en peinture ! L’aspect historique mêlé à de la science-fiction tout en y incorporant une pointe de thriller – ça fait un peu recette de cuisine, toutes mes excuses – en fait un mélange original qui m’incite très clairement à découvrir la suite de cette saga très prometteuse ! 😀

Ma note : 5/5

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