Après ma précédente publication sur la première saison de la série télévisée Black Mirror, je repars à l’aventure avec cette chronique de la cinquième saison. Non, je sais, il n’y a pas d’erreur, ce n’est pas dans le bon ordre. J’avais envie de regarder la fin avant le début, ça ne regarde que moi ! Et comme je vous le disais dans l’article précédent, cette série se regarde selon nos envies, chaque épisode étant indépendant !

Alors, prêts pour cette chronique de la cinquième saison ? On va rentrer dans le lard ! Ah non, c’était dans la première saison ça, enfin bref, allons-y ! 😛

Cette publication contient des spoilers. Il est vivement recommandé d’avoir déjà vu les épisodes avant de lire la suite !

Black Mirror – Chronique de la cinquième saison

Épisode 1 – Striking Vipers

Je m’étais déjà perdu dans mes pensées, dans ma jeunesse où les jeux-vidéos faisaient partie de mon quotidien. Un jour, on sera dans le jeu, et on ressentira tout comme notre personnage virtuel. Et bien, dans cet épisode, c’est tout à fait ça !

Danny et Karl étaient deux amis d’enfance qui s’amusaient à jouer aux jeux-vidéos lors de leurs jeunes années. Le jeu se nommait Strikings Vipers, où deux personnages se combattaient en duel à la Mortal Kombat. Mais voilà, des années ont passé et les deux amis vont se retrouver chez Danny, qui a organisé un barbecue pour son anniversaire. Karl se fait attendre, mais va finir par arriver pour offrir la dernière version de Striking Vipers. La vie de Danny a fortement évolué, il est désormais marié avec Theo et a même un enfant, ce qui n’est pas le cas de Karl.

Karl, par son cadeau, incite quelque peu son ami à se remettre au jeu. D’autant plus que cette nouvelle version dispose d’une puce qui permet de jouer en réalité virtuelle. Une technologie nouvelle qui retranscrit parfaitement chaque action dans le jeu. Il suffit de coller la puce à sa tempe, et c’est parti, rien de plus simple ! Forcément, c’est tentant !

Une nuit, Danny va se connecter au jeu pour essayer son cadeau. Il va se rendre compte que Karl aussi est présent et vont entamer une partie qui va très vite dégénérer. Non seulement Danny est subjugué par cette technologie incroyable, par ce nouveau corps d’athlète dans lequel il est incarné, mais aussi par les paysages qui paraissent si réels. Karl, quant à lui, incarne une combattante plutôt très sympathique physiquement. Se laissant aller, tous deux vont s’embrasser dans le jeu et découvrir des sensations hors normes, jusqu’à essayer les rapports sexuels virtuels.

Une nouvelle addiction commence à naître, surtout chez Karl, qui va demander à réitérer l’expérience. Danny n’est pas franchement emballé, et s’étonne de cette situation peu commune et déstabilisante. Ils vont même aller jusqu’à se demander si ils ne sont pas gay. C’est une quête identitaire qui s’ouvre dans cet épisode entre les deux amis. Y a-t-il un lien entre la réalité et le virtuel ? Les sentiments nouveaux qu’ils éprouvent sont-ils normaux ? La relation entre Karl et Danny va prendre une tournure dramatique, Danny ne veut pas faire de mal à sa compagne. D’autant plus que ces expériences sont gênantes et immorales.

J’ai eu l’impression que l’arrivée de cette technologie a remis en question toute l’existence de Danny. Même Karl s’est empêtré dans une addiction, où faire l’amour dans ce jeu est devenu une obsession. Dans ce corps qui n’est plus le sien, il se sent revivre, incarner quelqu’un d’autre, tout en se permettant de changer de sexe comme il le désire. Il y a ce côté fantasme clairement explicité dans l’épisode, mais aussi ce désir envers son ami Danny éprouvé par Karl. Ce désir virtuel qui n’existe pas dans la réalité, comme s’il oscillant entre deux mondes et deux personnalités distinctes. Cet épisode ouvre un débat sur les relations humaines et les effets de telles futures technologies.

Le final de cet épisode est incroyable et permet de conclure avec brio ce scénario loufoque mais néanmoins plausible dans l’avenir. Il permet de se dire que chaque couple vit son intimité comme il l’entend. Danny a réussi à dépasser le cap du mensonge, et à avouer ses actes à sa compagne. Leur décision commune est certes étrange, mais pas tant que ça puisque chacun y trouve son compte. Il y a comme une morale qui reste en tête et qui remue le cerveau. Cet épisode est excellent et se classe en tant que meilleur épisode de cette cinquième saison !

Black Mirror – Chronique de la cinquième saison

Épisode 2 – Smithereens

Là, on est carrément dans le type de scénario qui peut arriver à n’importe qui. Le genre de chose qui peut se produire à tout instant et qui va nous rendre complètement instable, au point de faire germer une haine viscérale en nous. Enfin, selon votre personnalité, on en arrivera peut-être pas jusque là.

Chris est un chauffeur de taxi londonien. Il travaille avec l’application Hitcher, un synonyme imaginaire de Uber. Chris participe, avec d’autres personnes, à un groupe de thérapie. Il y a cette fameuse Hayley, dont la fille s’est suicidée. Sa mère ne sait quasiment rien sur les circonstances qui l’ont conduite à se donner la mort. Tout ce qu’elle voudrait, c’est accéder à son compte sur Smithereens, le plus réseau social mondial. Évidemment, on ne peut que faire le parallèle avec notre éminent Facebook. Chaque jour, Hayley entre trois nouveaux mots de passe pour tenter d’accéder aux précieuses informations de sa défunte fille. Trois essais avant que le compte soit bloqué jusqu’au lendemain, même heure. Hayley est une mère désespérée, et ce n’est pas Smithereens qui va l’aider dans cette tâche.

Chris ne prend que des courses bien spécifiques. Il attend aux abords de la tour qui abrite les bureaux de Smithereens. Il a espoir qu’un jour, il tombera sur un employé important. Coup de chance, cela va arriver. Du moins, c’est ce qu’il croyait. Chris ne désirait qu’une chose : parler avec le PDG de Smithereens, le big boss, et il comptait tout mettre en œuvre pour cela. Quitte même à enlever un de leurs employés et à le tenir en otage jusqu’à obtenir cette entrevue téléphonique.

Dans cet épisode allègrement tourné vers les réseaux sociaux, on comprend très vite à quel point ils dominent tout. Lorsque Chris prend en otage un stagiaire de chez Smithereens, qu’il prend à tord pour quelqu’un occupant un poste d’importance, ce n’est pas la police qui va réussir à identifier efficacement le preneur d’otage. Smithereens possède nos vies. Voilà ce qui en ressort. Le réseau social est capable de ressortir tout un tas d’informations sur vous en à peine quelques clics. Même la police est dépassée et n’apprend pas grand chose à Smithereens. Dans un monde où l’information est reine, Smithereens occupe le trône qui dirige toute l’humanité.

Dans la forme, cet épisode n’offre pas autant d’action que les autres. Il est même plutôt mou, et axé sur l’aspect psychologique. Quand la moitié des images montrent le même paysage, et le même décor restreint qu’est l’habitacle d’une voiture, forcément, il faut savoir jouer avec le scénario. La tension est néanmoins toujours présente, c’est celle-ci qui donne envie de poursuivre le visionnage de l’épisode. J’ai aussi été fort intéressé par les messages véhiculés. Outre les réseaux sociaux et leur contrôle sur nos vies, il y a d’autres interrogations qui émergent.

Que deviennent les profils des personnes décédées ? Pourquoi les parents ne peuvent-ils pas avoir accès aux comptes de leurs enfants, surtout dans des situations horribles comme le suicide ? Dans cette situation, Smithereens agit comme un coffre-fort à informations, plus solide que n’importe quelle organisation de renseignement. Avec cet épisode, on surfe sur l’actualité et sur l’éthique même des réseaux sociaux et des droits personnels. Et à en croire le mode de vie du boss de Smithereens, je ne suis pas persuadé que les réseaux sociaux soient excellents pour notre santé !

Black Mirror – Chronique de la cinquième saison

Épisode 3 – Rachel, Jack et Ashley Too

Ashley Too est une magnifique petite poupée robotisée. Elle reprend trait pour trait le caractère d’Ashley O – dont le rôle est interprété par Miley Cirus -, cette star de la chanson pop qui ne fait que parler d’elle, avec son succès grandissant ! Acclamée par des foules en liesse, Ashley est une modèle pour nombre d’adolescentes. C’est le cas de Rachel, qui est une jeune fille dont l’existence est banale. Depuis qu’elle a vu cette poupée à l’effigie de son idole, elle ne voulait plus que cela. Son père finira par la lui acheter. C’est alors qu’une histoire d’amour va commencer, au plus grand désarroi de Jack, sa grande sœur, qui écoute et joue de la musique, d’un genre rock bien différent de celui d’Ashley O.

Dans cet épisode, on vogue entre deux points de vue. Celui de Rachel et de sa nouvelle amitié, et la vie d’artiste d’Ashley O. Rachel va commencer à entrevoir des possibilités dans sa vie. Celle de participer au concours de talent de son école en tant que danseuse, sur les conseils d’Ashley Too, sa poupée robot. Cette dernière va aller jusqu’à lui apprendre une chorégraphie complète. C’est là que l’on voit à quel point Rachel s’attache à son nouveau jouet comme si sa vie en dépendait. Autour d’elle, plus rien ne compte. Sa vie devient meilleure et se met à copier sa star favorite, allant même jusqu’au physique. Il y a en Rachel cette part de naïveté qui la rend influençable, mais aussi attachante. J’avais vraiment envie qu’elle déchire tout à son concours et qu’elle montre enfin de quoi elle est capable !

La vie de Ashley O n’est pas aussi simple et heureuse qu’il n’y paraît. La vie d’artiste est cruelle. C’est en tout cas ce que cet épisode met en lumière. Ashley a été élevée par sa tante, Catherine, qui est aussi son manager. Ashley n’a pas une psychologie saine, et doit prendre des médicaments quotidiennement pour mettre de côté les plus noirs aspects de sa personnalité. Elle aurait vite tendance à plonger dans la dépression, dans le meilleur des cas. Tant qu’Ashley vivait sa vie d’artiste sans sourciller, Catherine ne disait rien. Jusqu’au jour où elle ne prit plus ses médicaments. Elle avait alors commencé à composer une mélodie bien plus terne et triste que ses titres plein de joie qu’elle jouait habituellement. Catherine se rendit alors compte que le succès d’Ashley O était en péril.

Un changement de style radical est comme un saut périlleux. Ce que Catherine ne veut pas tenter, de peur de perdre sa part du gâteau. Forcément, elle n’est pas folle ! Il y a cette relation entre Ashley et sa tente qui s’avère être toxique au possible. Sa tante l’ayant élevée, Ashley devrait faire tout ce que sa tante lui demander sans rechigner. Mais l’histoire va prendre une tournure dramatique. Catherine va fourrer une dose énorme de médicaments dans la nourriture d’Ashley. Cette surdose va provoquer un coma. Une situation dont Catherine va très vite s’accodommer grâce aux nouvelles technologies. Désormais, Ashley Éternelle va apparaître sur scène, en chair et en… hologramme !

Catherine n’a même presque plus besoin de la véritable Ashley, qui risquait de lui faire perdre tout ce qu’elle avait obtenu jusque là. Dans cet épisode, il n’y a aucune limite à la technologie. Ashley O, dans le coma, est reliée à l’ordinateur, qui décortique ses pensées pour en sortir des mélodies et créer de nouveaux titres musicaux qui feront le tour de la planète ! La cruauté de Catherine est telle qu’elle va même mentir à l’ensemble des fans d’Ashley, prétextant un malencontreux incident. Mais Rachel, sans s’en rendre compte, va aider sa poupée Ashley Too à se connecter à la vraie Ashley.

J’ai adoré cet épisode, même si certains le qualifient de moins bien réussi de la saison ou même de la série. Je ne sais pas, je ne l’ai pas encore visionné au complet ! J’ai aimé cette tension omniprésente à partir du moment où Ashley se reconnecte à ses vieux démons. Et que dire que la technologie, réellement effrayante, qui s’insinue peu à peu dans la vie de tous. À qui appartient la possibilité de créer ? Même les IA se mettent également à concevoir des œuvres de nos jours. Cette relation entre les humains et les machines ne vont faire qu’évoluer, sans parler de ce goût pour le succès et l’argent qui a déjà fait couler beaucoup d’encre…

Black Mirror – Chronique de la cinquième saison

Voici que s’achève ce second article sur la série télévisée Black Mirror ! J’espère qu’il vous aura autant plu, ou davantage, que le premier !

N’hésitez pas à me donner votre avis sur les épisodes de cette première saison ! 😀

Quentin Turquet

Blogueur littéraire

A propos de l'Auteur

Des conseils de lecture sur tous sujets. Du développement personnel aux romans de science-fiction. Découvrez ma passion pour la lecture, l'écriture et les expériences extraordinaires, au-delà du paranormal et des rêves lucides !

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